Saintélyon: la course n’a jamais été aussi longue!

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Saintelyon: finisher
Pour ma 5ème participation, finisher de la Saintélyon 2018!

La Saintélyon 2018 est ma 5ème participation. A chaque fois, c’est une expérience différente et unique. Avec ses 81km, cette Saintélyon 2018 promettait plein de surprises.

J’arrive à Lyon le vendredi pour profiter de l’offre Sport de l’Hotel Ibis qui se situe à proximité de la gare Part-Dieu, et sur la ligne de métro qui permet d’accéder directement à la Halle Tony Garnier. Cette halle reçoit le village de la course, permet le retrait des dossards et sera le lieu d’arrivée de la Saintélyon.

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Odlo et Saint-Yorre m’ont invité sur la course. Le samedi, j’ai donc un accueil de premier choix: pas besoin de faire la queue, le dossard m’est remis directement. Juste le temps de faire une sieste après avoir fait un tour sur le village des exposants et à 18h30, je décide de me diriger vers les navettes.

Après un peu d’attente, je monte dans un bus en direction Saint-Etienne. L’heure de trajet passe assez vite; le retour sera plus long…

Arrivé à Saint-Etienne, il est 20h30. Je file vers la Pasta Party et profite de mon dîner.

Saintélyon 2018: à quelques heures du départ

21h30: je m’installe là où je trouve de la place, juste à côté de fidèles lecteurs de Vincent Gaudin. On discute un peu, tout en nous préparant tout doucement. Mon équipement, même si il s’agit de textile pour courir l’hiver quand il fait froid, est plutôt light : pour le bas , un short Odlo; pour le haut, une première couche à manche longue puis un t-shirt manches courtes par-dessus.

Pour protéger du vent et de la pluie annoncés pour la nuit, je mets par dessus la veste Storm Cimalp (lire aussi mon article sur la chaussure de trail Cimalp 864). Viennent compléter la tenue: un tour de cou, des gants Odlo et un bonnet, que j’ai en double dans un sac étanche dans mon fidèle sac Osprey. J’ai sur les bretelles deux flasques de 500ml. J’ai également 3 gels caféine Isostar dans le cas où j’aurai un petit coup de mou vers les 5h du mat, et 5 barres énergétiques (1 demi-barre toutes les heures de course).

22h30: je me décide à me rendre sur la ligne de départ; toujours pas de sas permettant de classer les coureurs par « niveaux ». Du coup, comme beaucoup de coureurs, j’enjambe la barrière pour me placer dans le début du peloton. Il reste encore 45 minutes à attendre.

On se prend un peu la flotte, mais rien de bien méchant. Il fait bon, surtout avec la chaleur humaine du sas…

Il est bientôt 23h30 et beaucoup de coureurs, dont moi, baillons. Finalement, l’animation d’avant course permet de se réveiller un peu. Clap, décompte et enfin, c’est parti.

1ere vague: à l’assaut de Lyon

Ouf, je suis bien dans la 1ère vague. Je cours un peu rapidement pour me dégourdir les jambes, avant de me caler sur une bonne allure pour un début de course, respiration par le nez, en mode footing.

L’ambiance est là, les supporters applaudissent ceux qui vont braver la nuit. Petit incident de début de parcours: des pseudos gilets jaunes ont décidé de bloquer le parcours avec deux voitures en travers. Mais au moment de mon passage, les gendarmes faisaient reculer une des voitures et nous pouvions contourner aisément les véhicules.

Je trouve qu’il fait assez chaud. Du coup, j’entrouvre ma veste, et je retire gants, bonnet et tour de cou. Enlever la veste serait trop galère, car il faudrait enlever mon sac à dos et mon chasuble-dossard Saintélyon avant de pouvoir la retirer. Et recommencer quand il se mettrait à faire plus froid.

Je continue ainsi.

Je fais de nombreux arrêts pipi. A l’un d’entre eux, Julien et son acolyte me doublent. Je les rejoins aussitôt. On discute un peu mais j’ai les jambes de feu en ce début de course. Elles courent toutes seules sans que je sois dans le rouge. Du coup, très vite, je les sème.

Je cours de manière assez régulière, sans m’essouffler. Marche rapide alternée avec la course à pied quand c’est possible dans les montées, mode footing rapide sur le plat et dans les descentes. J’ai tout de même remis mon tour de cou, mes gants et mon bonnet, dès qu’on a pris un peu d’altitude.

1er ravito: Saint-Christo-en-Jarez – 19km – 600m D+

J’ai bu 800ml en moins de 2h de course, ce qui est plutôt bon par rapport à ma stratégie. Je remplis mes flasques au ravito, je prends une demi banane et je repars. J’ai passé moins de 2 min sur ce point de ravitaillement situé à 18,9km du départ.

Je poursuis sur ma lancée. Les jambes répondent bien, la stratégie hydratation et solide est respectée. Je trouve le terrain pas trop dégueu. J’ai déjà vu pire sur cette Saintélyon. La boue était bien plus dégueulasse dans mon souvenir lors de ma première participation. Mes Altra Lone Peak 3 tiennent plutôt bien la route, enfin le terrain.

2nd ravito: Sainte Catherine – 31,8km – 710m D+

Je suis assez concentré car je me dis que je peux faire une bonne course. Et très vite, j’arrive à Sainte Catherine, après 3h06 de course. L’objectif sur ce ravito est de prendre un peu plus de temps: recharge de flasques, prise de solides (banane et fruits secs) et une soupe que je coupe avec de l’eau froide pour qu’elle soit buvable rapidement.

Je repars avec mon gobelet plein de soupe que je bois en marchant tout en sortant du ravitaillement, puis je mange mon morceau de banane.

Problème digestif après un ravito

Mais quelques minutes après, mon bide commence à avoir des gargouillis. Je ne le sens pas…

Je continue de courir mais en étant moins serein. J’ai peur qu’il y ait une couille dans le potage, et que la boisson chaude avait un truc pas top pour mon estomac…

Néanmoins, je continue sur ma lancée. J’ai rempli une flasque de soupe, mais du coup, je n’ai pas envie d’y toucher. Je gère la seconde flasque car je n’aurai que 500ml jusqu’au prochain ravitaillement.

Très vite, j’ai envie de vomir, mais rien ne sort. Je poursuis tout de même. Le tempo prévu voudrait que je boive un peu plus régulièrement, et que je consomme ma demi barre énergétique. Mais y penser m’écœure d’avance.

J’arrive tout de même au Signal, qui marque la moitié du parcours et le début de la redescente vers Saintélyon. Il reste tout de même 40 bornes à effectuer. Les coureurs sont beaucoup moins nombreux. Je suis sorti de Sainte-Catherine en 242ème position…

Même si je n’ai pas mal aux jambes, l’énergie est moins présente, faute de moins bien me ravitailler. Mais je sais que le corps est incroyable et qu’il peut repartir de plus belle à n’importe quel moment. Je l’espère fortement.

3ème ravito: Le Camp Saint Genou – 46,8km – 1461 D+

J’arrive à Le Camp Saint Genou je ne sais plus comment. Je vide mes flasques (je n’ai pas bu beaucoup car même l’eau ne me dit rien) pour les remplir de nouveau, je ne reprendrai pas de soupe; je m’assois en me forçant à manger une banane mais elle passe à peine. Il faut que je suive le conseil que j’avais donné à tous les coureurs qui m’avaient demandé des tuyaux: ne pas rester sur les zones de ravitaillement.

Je repars en rangeant le reste de ma banane dans la bretelle de mon sac.

Avec moins de sucres et de flotte pour alimenter mon organisme, la foulée se fait moins dynamique. Au fur et à mesure de ce tronçon, je sombre. Il devient dur d’avancer. Je finis par alterner marche et course. Ça me met un coup au moral.

Sans pouvoir avaler quoique ce soit, difficile de faire les 25 bornes qui restent… L’abandon semble inévitable.

Julien me double. J’essaie de courir un peu avec lui et je lui fais le topo pas très glorieux. Lui est en jambes, je lui dis de tracer.

Plus loin, nous passons à proximité de Rontalon, où doivent dormir des amis et leur petite famille. Ils étaient venus m’encourager sur ma 1ère Saintélyon, à l’époque où nous n’avions pas d’enfants…

Pour marquer le passage, rien de tel qu’un brouillard à couper au couteau. Je vois à peine le coureurs devant moi, qui n’est même pas à 5 mètres. La lueur de la frontale dresse un mur blanc devant moi. On n’y voir rien, le temps de redescendre dans les bois.

4ème ravito: Soucieu-en-Jarrest – 60,9km – 1771m D+

Mon alternance de course et de marche m’amène à Soucieu-en-Jarrest, en 206ème position. Je m’assois sur le banc, à proximité du PC où les coureurs annoncent leur abandon. Je sais qu’une fois l’abandon annoncé, il n’est plus possible de faire marche arrière.

Il reste 21 bornes à courir. C’est faisable, c’est juste un semi. Habituellement, je le cours en moins d’1h30. Mais comment avancer quand on pratiquement rien avalé depuis plus de 20 bornes?

A deux doigts de l’abandon

Avant de décider d’abandonner cette Saintélyon, je décide de me forcer à manger. Je me dirige vers le ravitaillement et saisi une tranche de jambon. Ca passe. J’en reprends une, l’appétit revient. Je réfléchis. Comme je suis surement en phase d’hypoglycémie, il faut que je prenne des sucres rapides: je prends un gel et deux pâtes de fruit. Il me faut aussi des sucres lents pour refaire les stocks: une tranche de pain d’épice et deux demi-banane. Allez, un peu de salé encore avec les chips bien mâchouillées, et on se barre en vitesse de ce lieu. J’y ai passé trop de temps: 15 minutes !

La relance est difficile, je me suis refroidi, au sens propre qu’au au figuré. Il faut relancer la machine. Tout en courant, je sers les poings et les relâche pour réchauffer mes mains. Une année neigeuse, j’avais mis plus de 30 minutes pour me réchauffer en sortant de ce ravito. Là, ce sera plus rapide. En 10 minutes, je serai à nouveau chaud.

Ce qui est plus compliqué, ce sont les jambes. Elles sont devenues raides avec cet arrêt et le manque d’énergie. Avancer est difficile mais je me dis qu’avec ce que j’ai mangé et en continuant de courir, ça devrait le faire.

Plus de frontale, la fin de la Saintélyon 2018 se fera dans le noir

Finalement, la foulée revient progressivement. Mais la poisse va me rattraper. Ma Petzl Nao émet un clignotement que je connais bien, celui qui annonce la fin de la batterie. Je prends alors conscience que j’ai laissé la lumière à fond depuis le départ. C’était panne de batterie assurée.

Il fait encore nuit noire, je récupère donc en courant la seconde batterie dans mon sac. Une dizaine de minutes plus tard, l’intensité diminue. Je décide de changer de batterie. Mais celle-ci ne fonctionne pas. Sur le coup, je ne comprends pas pourquoi et je peste. (plus tard, je remarquerai que j’avais oublié d’allumer l’interrupteur de la multiprise sur laquelle j’avais chargé ma seconde batterie…).

A ce moment-là, c’est plat et dégagé. Je peux courir tant bien que mal sans frontale. Mais très vite, j’entame une descente dans les bois. Je ne vois rien. Je sors alors mon Smartphone et j’active la lampe. Ca fait le job, mais plusieurs fois, je me stoppe net en me demandant si j’ai devant moi un trou ou un rocher. J’ai du mal à appréhender les obstacles. Ca ralentit un peu la course…

Les jambes reviennent progressivement.

5ème et dernier ravito de la Saintélyon 2018: Chaponost – 69,6km – 1878m D+

Si j’ai repris un peu d’énergie pour me permettre de courir, le travail mental joue énormément. A Chaponost, je prends quelques minutes pour recharger en boisson pour le dernier tronçon, et manger un peu avant de repartir pour la dernière ligne droite. 11,5 petits kilomètres et 25-m de D+. Ca se torche en moins d’1H30 cette affaire si tout se passe bien…

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a un peu plus de lumières de ville et que je ne suis plus obligé de courir avec la lampe de mon smartphone. Puis quelques temps après, la lumière du jour commence à se faire ressentir à travers les nuages blancs.

En live avec la tête de course!

Un coureur m’accompagne. Il a été dans le dur et a du laisser partir sa compagne qui n’est autre que Claire Mougel. Armé de son téléphone, il me fera vivre ainsi l’arrivée de la seconde féminine de la course.

Le fait d’avoir fait plusieurs fois la Saintélyon me donne un avantage certain. Je sais qu’on a toujours l’impression d’arriver, alors que les km n’avancent pas. Des tapes cul par-ci, un détour par là. Nous avons la jour de passer dans un chemin transformé en cours d’eau, ce qui a finalement l’avantage de nettoyer les pompes (et trempé les pieds) avant l’arrivée dans Lyon.

Puis avant de prendre le mur de l’aqueduc de Beaunant, un petit détour est nécessaire, 5km avant l’arrivée…

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Finisher de ma 5ème Saintélyon!

Dernière traverse de Parc avant de rebifurquer sur la droite et je peux dévaler les marches de l’escalier 2 par 2, avant de rejoindre les magnifiques quais de la Saône.

Dernier pont, dernières bifurcations et j’entre enfin dans le Hall Tony Garnier. Je clôture cette édition incroyable de 81km en 9h13, terminant en 245ème position sur les 5207 finishers. Cerise sur la gâteau: cette édition remet une médaille, sponsorisée par iRun.

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Finalement, cette Saintélyon 2018 ne se termine pas trop mal pour moi, vu la tournure des événements à mi parcours. Un peu déçu que tout ne se soit pas passé de manière nickel, mais j’y aller sans volonté de faire quoi que ce soit. Je suis donc tout de même satisfait.

Dans la halle, je suis impressionné par les conditions d’arrivée, bien loin de ma 1ère Saintélyon en 2011: douches chaudes, massages, repas chauds, sacs disponibles en intérieurs…. Je passe saluer et féliciter Julien, en plein repas. Je préfère prendre une douche chaude et enfiler des affaires sèches.

Après le repas, je filerai directement à l’hôtel histoire de faire une bonne sieste, bien méritée!.

Résumé
Saintélyon 2018: la course n'a jamais été aussi longue!
Titre
Saintélyon 2018: la course n'a jamais été aussi longue!
Présentation
Pour son édition 2018, la Saintélyon offrait un parcours de 81km, le parcours le plus long de son histoire. Vivez cette édition dantesque au cœur de la course!
Auteur
Article publié par
Trail & Running

3 commentaires

  1. Bravo Greg ! Tu es passé à travers toutes ces difficultés avec une bonne performance.

  2. Belle performance. Je me suis inscris à l’édition 2019 de « La Diagonale des Fous » qui aura lieu au mois d’octobre prochain sur 165km. Je cours surtout pour le plaisir avec d’autres amis. Bon courage et bravo

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