Chaussures UTMB 2026 : les modèles portés par les athlètes des podiums
L’UTMB Mont-Blanc 2026 a une nouvelle fois servi de laboratoire grandeur nature pour les chaussures de trail. Entre modèles carbone, supershoes, chaussures plus traditionnelles et prototypes encore confidentiels, les podiums des quatre grandes courses racontent une histoire bien plus intéressante qu’un simple duel entre marques.
J’ai donc regardé ce que portaient les 24 athlètes montés sur les podiums de l’UTMB, de la CCC, de l’OCC et de la TDS. Un constat ressort rapidement : il n’existe pas une chaussure type pour gagner un ultra. Et certaines marques encore peu visibles il y a quelques années occupent désormais une place de choix.
UTMB : les supershoes face aux choix plus classiques
Le podium de l’UTMB 2026 a réuni Ben Dhiman, Baptiste Chassagne et Caleb Olson chez les hommes, et Blandine L’Hirondel, Rachel Entrekin et Emily Schmitz chez les femmes.
Hommes
Ben Dhiman – ASICS Metafuji Trail 2
Le vainqueur américain a confirmé le potentiel de la Metafuji Trail 2. Après avoir terminé deuxième en 2025 avec le prototype dont est issue la chaussure, il a cette fois remporté l’UTMB avec la version définitive. ASICS confirme que le modèle a été développé et testé avec ses athlètes de haut niveau.
Baptiste Chassagne – On Cloudultra Pro
Deuxième à Chamonix, Baptiste Chassagne avait aux pieds la Cloudultra Pro d’On. Un choix intéressant face aux chaussures à plaque carbone : la Cloudultra Pro privilégie davantage le compromis entre rendement, protection et comportement sur la durée qu’une approche purement « supershoe ».
Caleb Olson – Nike ACG Ultrafly
Le troisième homme de l’UTMB était en Nike ACG Ultrafly. Avec sa plaque carbone et sa semelle Vibram Megagrip Litebase, l’Ultrafly représente l’autre grande tendance de ces podiums 2026 : une chaussure très orientée performance, mais conçue pour rester utilisable sur les terrains de montagne.
Femmes
Blandine L’Hirondel – Kiprun Kipsummit Race
La Française s’est imposée en 21h54’49 avec la Kipsummit Race de Kiprun. La chaussure associe une mousse A-TPU et une plaque carbone dans une construction clairement destinée à la compétition. Son succès est aussi symbolique pour Kiprun, qui continue de s’installer sur le très haut niveau du trail.
Rachel Entrekin – Norda 055
Deuxième, l’Américaine avait choisi la toute nouvelle Norda 055. La chaussure se distingue notamment par sa construction sans plaque, son amorti en TPEE et son empeigne en Dyneema. Un choix qui montre qu’une approche différente des supershoes peut également fonctionner sur 170 km.
Emily Schmitz – prototype Hoka
C’est probablement le cas le plus intéressant du podium féminin. Emily Schmitz n’a pas utilisé une Tecton X4 de série, mais un prototype Hoka non identifié. Elle a même utilisé deux paires identiques pendant la course. Hoka a donc choisi de ne pas encore révéler la technologie exacte utilisée par son athlète.
CCC : Kailas frappe fort chez les hommes
La CCC 2026 a été remportée par Cristian Minoggio devant Miguel Arsénio et Hans Troyer. Chez les femmes, Yngvild Kaspersen s’est imposée devant Toni McCann et Miao Yao.
Hommes
Cristian Minoggio – Kailas FUGA EX PRO
Kailas a frappé très fort avec la victoire de Minoggio. L’Italien portait la FUGA EX PRO, une chaussure particulièrement présente sur les courses de la marque.
Miguel Arsénio – Kailas FUGA EX PRO G
Son coéquipier portugais a terminé deuxième avec la FUGA EX PRO G, version équipée d’une guêtre. C’est un point sur lequel les sources ont parfois divergé, certaines identifiant la chaussure comme une EX 330. Mais Kailas a explicitement indiqué après la course qu’Arsénio avait utilisé la nouvelle EX PRO G. C’est donc cette identification que je retiens.
Hans Troyer – Hoka Tecton X4
Le troisième homme du podium courait avec la Tecton X4 de Hoka. Une chaussure à plaque carbone qui représente une approche beaucoup plus classique de la chaussure de trail très performante, avec une construction destinée aux longues distances rapides.
Femmes
Yngvild Kaspersen – adidas Terrex Agravic Speed Ultra 2
La Norvégienne a remporté la CCC avec l’Agravic Speed Ultra 2, l’une des chaussures les plus radicales de la gamme adidas Terrex. Son positionnement est clairement celui d’une supershoe de trail destinée à maximiser le rendement.
Toni McCann – adidas Terrex Agravic Speed Ultra EVO
La Sud-Africaine, deuxième, était quant à elle équipée de la très exclusive Agravic Speed Ultra EVO. adidas a présenté cette chaussure comme une déclinaison trail de son approche ultra-performance, avec un prix et une disponibilité qui la placent clairement dans le très haut de gamme.
Miao Yao – Nike ACG Picklejus
Le cas de Miao Yao mérite d’être précisé. Une première identification l’avait donnée avec l’ACG Ultrafly, mais des analyses plus récentes identifient la chaussure comme le prototype Nike ACG Picklejus. C’est cette seconde identification que je retiens, avec la prudence qui s’impose puisqu’il s’agit encore d’un modèle prototype.
OCC : quatre marques sur six podiums
L’OCC a été remportée chez les hommes par Frédéric Tranchand, devant Nashon Kiplimo et Miguel Benitez. Chez les femmes, Lauren Gregory s’est imposée devant Naomi Lang et Sara Alonso.
Hommes
Frédéric Tranchand – Merrell Agility Peak 6
Le Français a remporté l’OCC avec une chaussure qui tranche avec la tendance carbone : la Merrell Agility Peak 6. Pas de plaque, mais une construction robuste et une semelle Vibram Megagrip avec des Traction Lugs.
Nashon Kiplimo – Salomon S/LAB Pulsar 4
Le Kenyan a pris la deuxième place avec la S/LAB Pulsar 4, modèle très léger et orienté vitesse de Salomon.
Miguel Benitez – ASICS Metafuji Trail 2
L’Espagnol complète le podium avec la même chaussure que Ben Dhiman : la Metafuji Trail 2. ASICS place donc son modèle carbone sur deux des six places du podium de l’OCC.
Femmes
Lauren Gregory – Nike ACG Ultrafly
La victoire de Lauren Gregory apporte une deuxième victoire à l’Ultrafly durant cette semaine, après la troisième place de Caleb Olson à l’UTMB. Elle devance Naomi Lang de seulement trois secondes.
Naomi Lang – Salomon S/LAB Pulsar 4
La Britannique termine deuxième avec la même S/LAB Pulsar 4 que Kiplimo. Un choix cohérent pour une OCC où la vitesse et l’agilité sont particulièrement importantes.
Sara Alonso – ASICS Metafuji Trail 2
Troisième, Sara Alonso confirme la très belle présence d’ASICS sur l’OCC avec la Metafuji Trail 2. Le podium féminin réunit ainsi trois philosophies assez différentes : Nike, Salomon et ASICS.
TDS : le podium français fait la démonstration de la diversité
La TDS a offert un podium masculin entièrement français avec Rémy Brassac, Pierre-Adrien Hivert et Nicolas Court. Chez les femmes, Sarah Vieuille et Alice Meignié ont accompagné l’Américaine Alyssa Clark sur le podium.
Hommes
Rémy Brassac – Mount to Coast M1
Le vainqueur de la TDS portait la Mount to Coast M1. Une chaussure encore beaucoup moins connue dans le trail que les grandes références des équipementiers historiques, ce qui rend ce succès particulièrement intéressant.
Pierre-Adrien Hivert – La Sportiva Prodigio Pro
Deuxième, le Français avait choisi la La Sportiva Prodigio Pro, modèle compétition de la marque italienne.
Nicolas Court – Salomon Genesis 2
Nicolas Court complète le podium avec la Salomon Genesis 2, identifiée à partir des images de course. Un choix beaucoup plus polyvalent que certaines supershoes présentes sur les autres podiums.
Femmes
Sarah Vieuille – Kiprun Kipsummit Race
Victorieuse de la TDS, Sarah Vieuille a utilisé la Kipsummit Race. Kiprun réalise donc un doublé symbolique avec les victoires de L’Hirondel sur l’UTMB et Vieuille sur la TDS.
Alice Meignié – Hoka Tecton X2
Deuxième, Alice Meignié courait avec la Hoka Tecton X2. Une chaussure à plaque carbone qui reste une référence du segment ultra-trail performant.
Alyssa Clark – On Cloudultra Pro
L’Américaine termine troisième avec la On Cloudultra Pro, déjà présente sur le podium masculin de l’UTMB avec Baptiste Chassagne.
À noter que Davide Rivero avait franchi la ligne en troisième position, avec une Kailas FUGA EX PRO, mais une pénalité de 45 minutes pour trois changements de sac non autorisés l’a finalement rétrogradé à la sixième place. Nicolas Court est donc bien le troisième du podium officiel.
Ce que les podiums UTMB 2026 disent vraiment des chaussures de trail
Ce qui me frappe le plus en regardant ces 24 chaussures, ce n’est finalement pas la domination d’un modèle ou d’une marque. C’est l’extrême diversité des solutions.
Les plaques carbone sont évidemment omniprésentes : Metafuji Trail 2, Kipsummit Race, ACG Ultrafly, Tecton X4, S/LAB Pulsar 4 ou Agravic Speed Ultra. Mais plusieurs podiums ont aussi été obtenus avec des chaussures sans plaque, comme l’Agility Peak 6 ou la Norda 055.
Autre enseignement : les prototypes sont désormais pleinement intégrés à la course à la performance. Emily Schmitz a couru l’UTMB avec un prototype Hoka, tandis que Miao Yao était en prototype Nike sur la CCC.
Et surtout, les podiums ne montrent pas qu’il faut nécessairement courir avec la chaussure la plus légère, la plus rigide ou la plus technologique pour réussir un ultra. Le terrain, la distance, la météo, la foulée et les préférences de chaque athlète restent déterminants.
En résumé, les podiums de l’UTMB 2026 ne désignent pas une « meilleure chaussure de trail ». Ils montrent plutôt que le très haut niveau dispose désormais d’un arsenal de solutions extrêmement large, depuis la chaussure classique robuste jusqu’à la supershoe carbone la plus radicale.
Et c’est probablement la meilleure nouvelle pour nous, coureurs amateurs : il n’est plus nécessaire de courir avec la chaussure du vainqueur pour trouver la bonne chaussure. Il faut surtout trouver celle qui correspond à son terrain, sa foulée et sa manière de courir.




















































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