MDS Handi : l’aventure commence aussi en bas de chez soi
Le dimanche 1er février, le Marathon des Sables écrira une nouvelle page de son histoire. Loin des dunes marocaines et des sentiers d’altitude, cinq équipages MDS Handi prendront le départ du 10 km des Champs-Élysées, sur la plus belle avenue du monde. Un moment à la fois sportif et hautement symbolique, qui rappelle une évidence trop souvent oubliée : l’aventure, le dépassement de soi et l’inclusion ne sont pas réservés aux grands espaces.
Depuis plusieurs années, le Marathon des Sables ouvre la voie à une pratique inclusive de l’endurance avec les MDS Crazy Loops en montagne (Courchevel, Val d’Isère, La Rosière, Morzine-Avoriaz, Courmayeur, Dents du Midi) et surtout avec le MDS Handi, dont une édition se déroule chaque année dans le désert marocain. Des expériences fortes, exigeantes, qui permettent à des personnes en situation de handicap de renouer avec l’effort, l’aventure et la performance.
Mais cette fois, le message est différent : l’inclusion ne commence pas à l’autre bout du monde.
L’aventure Handi au cœur de la ville
Avec le soutien d’organisateurs engagés comme Cyril Gauthier, directeur du Marathon des Sables, et Éric Schwartz, co-organisateur du Paris Master Circuit, le projet MDS Handi investit l’espace urbain. Objectif : montrer que l’aventure peut naître à quelques rues de chez soi, dans un cadre familier, visible, accessible.
Sur les Champs-Élysées, les athlètes évolueront dans des fauteuils spécialement conçus pour les épreuves techniques, semblables à ceux utilisés en montagne ou dans le désert. Chaque équipage sera composé de :
- la personne en situation de handicap,
- un pousseur,
- un tireur,
- un médecin,
- un bénévole,
- un collaborateur du Marathon des Sables.
Une organisation lourde, précise, indispensable, qui souligne une réalité encore trop méconnue : le sport inclusif demande des moyens, mais surtout une volonté collective.
Cinq parcours de vie, cinq visions du dépassement
Derrière ces équipages, ce sont avant tout des histoires humaines puissantes, où le sport devient un outil de reconstruction, d’émancipation et de lien social.
Lucie Nolet (31 ans, Dijon)
Ancienne handballeuse devenue paraplégique après un accident de la route en 2015, Lucie a fait du sport un pilier de sa reconstruction. Internationale française de basket fauteuil, elle s’est illustrée lors de la première édition du MDS Handi et sur les Crazy Loops de Courchevel. Sur les Champs-Élysées, elle prendra le départ entourée de deux amies d’enfance, dans une aventure placée sous le signe de l’amitié et de la fidélité.
Olivia Morànd (36 ans, Chatou)
Paraplégique depuis l’âge de 18 ans, maman de deux enfants, juriste à temps plein, Olivia incarne une forme d’équilibre entre vie familiale, professionnelle et sportive. Handiski, handbike, tennis fauteuil : le sport est partout dans son quotidien. Sur ce 10 km, elle sera accompagnée de ses neveux, offrant à cette course une dimension familiale et symbolique forte.
Margaux Leonard (29 ans, Angers)
Victime d’un accident de plongeon en 2022, Margaux se reconstruit à travers le sport et un projet collectif ambitieux : prendre le départ du MDS Handi Maroc 2026 avec ses trois amies d’enfance. Déjà vainqueure féminine handisport sur les Crazy Loops de Courchevel, elle multiplie les défis préparatoires, du trail au 10 km urbain, avec en ligne de mire un possible semi-marathon de Paris.
Zahra Morrhad (34 ans, Paris)
Née avec une arthrogrypose, Zahra a toujours avancé à contre-courant des limites qu’on voulait lui imposer. Sportive, juriste de formation, entrepreneure à succès dans la pâtisserie artisanale, elle incarne une résilience active et créative. Son départ sur les Champs-Élysées s’inscrit dans cette continuité : ne jamais renoncer, simplement changer de terrain.
Yann Grandguillaume (35 ans, Châteauroux)
Ancien footballeur devenu paraplégique après un accident de la route en 2019, Yann est aujourd’hui l’un des visages forts du MDS Handi. Vainqueur de la première édition au Maroc, double lauréat des Crazy Loops de Courchevel, finisher du marathon de Nice en fauteuil, il continue d’explorer les limites de l’endurance. Sur les Champs-Élysées, il sera fidèle à son trio, symbole d’une cohésion forgée dans l’effort.
Une vitrine forte pour le sport inclusif
Au-delà de la performance, ce départ sur les Champs-Élysées est un acte militant. Il rappelle que trop de personnes en situation de handicap restent encore confinées chez elles, faute d’encadrement, de matériel ou simplement de regards prêts à croire en l’impossible.
En investissant un événement grand public, visible et médiatisé, le MDS Handi envoie un message clair : l’inclusion ne doit pas être marginale, ni cantonnée à des formats confidentiels.
Crédits photos: PHOTORUNNING M. BOVE












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