Actu Running

SCARPA Alien Sky et Alien Ultra : deux nouvelles armes pour dompter la montagne

Le 25 août 2026 - 9 minutes de lecture
SCARPA Alien Sky et Alien Ultra

SCARPA ne débarque pas avec une simple nouvelle chaussure de trail. Avec les Alien Sky et Alien Ultra Limited Edition, la marque italienne ouvre un nouveau chapitre autour de l’Alpine Running. Deux modèles, une même plateforme technique, mais deux philosophies très différentes : l’explosivité et la précision pour la Sky, l’endurance et la protection pour l’Ultra. Et derrière ces deux chaussures, une question intéressante : jusqu’où peut-on pousser la performance lorsqu’on veut conserver un vrai contact avec le terrain ?

SCARPA veut changer de dimension en Alpine Running

SCARPA change de dimension en Alpine Running
SCARPA change de dimension en Alpine Running

Quand je regarde les deux nouvelles Alien, je vois immédiatement que SCARPA ne cherche pas à créer deux chaussures capables de tout faire. La marque a fait un choix beaucoup plus intéressant : partir d’une même base technologique et la décliner en fonction de deux pratiques.

D’un côté, l’Alien Sky. Avec ses 235 g en pointure 42, son stack de 26 à 20 mm et sa plaque de propulsion en nylon renforcé de fibres de verre, elle est clairement destinée aux courses verticales et aux terrains alpins techniques.

De l’autre, l’Alien Ultra. Ses 295 g et son stack de 38 à 32 mm changent complètement le programme. Elle vise les longues distances alpines, avec davantage de protection et une construction pensée pour conserver de l’efficacité après plusieurs heures.

C’est une distinction que je trouve particulièrement pertinente. En trail, on parle souvent de polyvalence, mais une chaussure capable d’être excellente partout est finalement assez rare. Ici, SCARPA assume deux usages.

Alien Sky : la montagne au plus près des pieds

Alien Sky, pour plus de précision
Alien Sky, pour plus de précision

Avec l’Alien Sky, SCARPA mise d’abord sur la précision.

Ses 235 g sont évidemment un argument fort, mais ce qui m’intéresse davantage est son faible stack. Avec 26 mm au talon et 20 mm à l’avant-pied, la chaussure place le pied relativement près du terrain.

Pour moi, c’est exactement ce que l’on recherche lorsqu’on évolue sur des sentiers alpins techniques ou dans une course verticale : sentir ce qui se passe sous le pied et pouvoir modifier rapidement son appui.

La plaque de propulsion adaptative en nylon renforcé à 20 % de fibres de verre complète cette philosophie. SCARPA ne cherche pas ici la rigidité maximale d’une plaque carbone classique. Son ouverture centrale permet une flexion et une torsion contrôlées.

C’est un choix intéressant pour une chaussure destinée à des terrains irréguliers. Sur une arête, une pente rocheuse ou un sentier où les appuis changent constamment, je préfère conserver une certaine capacité d’adaptation plutôt que d’avoir une plateforme complètement figée.

Une chaussure pour courir vite en montagne

ALIEN SKY pour courir des kilomètres verticaux
ALIEN SKY pour courir des kilomètres verticaux

L’Alien Sky me semble donc particulièrement adaptée à un profil de coureur assez précis.

Si tu participes à des verticales, des kilomètres verticaux ou des trails alpins courts et techniques, son faible poids devient un véritable avantage. Tu peux chercher à monter vite sans avoir aux pieds une chaussure conçue pour absorber des heures et des heures de course.

Je la vois également bien sur les parcours où la précision des appuis est plus importante que l’amorti maximal.

En revanche, ce n’est pas le modèle que je choisirais spontanément pour un ultra de 100 km. Ses 26 mm de stack et son positionnement très proche du terrain répondent à une autre logique.

Et c’est justement ce qui rend la gamme cohérente.

Alien Ultra : quand SCARPA augmente le volume

ALIEN ULTRA, pour avaler les kilomètres
ALIEN ULTRA, pour avaler les kilomètres

Avec l’Alien Ultra, on change radicalement de registre.

Le poids passe à 295 g, tandis que le stack grimpe à 38 mm au talon et 32 mm à l’avant-pied. Six millimètres de différence peuvent sembler anecdotiques sur une fiche technique, mais sur le terrain, cette augmentation de volume change complètement la philosophie de la chaussure.

SCARPA veut ici davantage protéger le pied et absorber les impacts sur la durée.

C’est le modèle qui m’attire le plus si je raisonne en termes d’ultra-trail alpin. Lorsque je sais que je vais passer de nombreuses heures en montagne, la question n’est plus seulement de savoir si la chaussure est légère. Je veux aussi qu’elle reste confortable lorsque les jambes commencent à perdre leur fraîcheur.

L’Alien Ultra est clairement construite dans cette optique.

Une plaque carbone, mais pas seulement pour la propulsion

Un plaque carbone pour plus de propulsion et pour un bon déroulé du pied
Un plaque carbone pour plus de propulsion et pour un bon déroulé du pied

L’Alien Ultra reçoit une plaque sur toute la longueur du pied, réalisée en Pebax renforcé à 30 % de fibres de carbone.

Sur le papier, on pourrait s’arrêter au classique argument du retour d’énergie. Mais ce n’est pas la seule fonction annoncée par SCARPA.

La plaque travaille avec la semelle intermédiaire en A-TPU pour accompagner le déroulé du pied et améliorer la stabilité. Son dessin ramifié à l’avant et la structure du talon en forme de queue d’hirondelle doivent également permettre à la chaussure de mieux s’adapter aux irrégularités du terrain.

C’est un point essentiel à mes yeux.

Une plaque carbone sur route peut être utilisée pour maximiser la propulsion sur une surface relativement régulière. En montagne, la problématique est différente. Il faut réussir à conserver de l’efficacité sans transformer la chaussure en plateforme rigide incapable de s’adapter au terrain.

SCARPA semble avoir précisément travaillé cet équilibre.

Une même mousse pour deux caractères très différents

Les deux modèles partagent une semelle intermédiaire en Super Critical Foam 100 % A-TPU.

La technologie utilise une expansion par injection d’azote supercritique. L’objectif est d’obtenir une mousse capable de combiner légèreté, retour d’énergie et constance au fil de l’effort.

Ce choix est intéressant parce qu’il donne une véritable cohérence à la nouvelle plateforme.

Mais les deux chaussures ne devraient pas avoir le même comportement.

Sur l’Alien Sky, la faible hauteur de semelle et la plaque en nylon doivent favoriser une sensation plus directe et plus réactive.

Sur l’Alien Ultra, les 38 mm de stack et la plaque Pebax renforcée de carbone devraient privilégier davantage la protection et l’efficacité sur la durée.

Même technologie, donc, mais deux interprétations.

Second-Skin : SCARPA veut verrouiller le pied

Autre élément commun : la tige Second-Skin Precision Upper.

Le nom donne assez bien le programme. SCARPA veut une chaussure qui enveloppe précisément le pied et établisse une connexion directe avec le terrain.

Pour les deux modèles, cette recherche de précision est complétée par une guêtre intégrée destinée à empêcher les petits cailloux et les débris de pénétrer dans la chaussure.

En montagne, ce détail peut faire une vraie différence. Après plusieurs heures, un petit gravier coincé dans la chaussure peut rapidement devenir beaucoup plus gênant qu’il ne l’était au départ.

J’apprécie donc cette approche intégrée : plutôt que d’ajouter une guêtre extérieure, SCARPA l’intègre directement dans la construction.

Vibram Megagrip : le point commun qui rassure

Les deux Alien utilisent également une semelle extérieure Vibram Megagrip.

C’est évidemment un choix cohérent pour des chaussures destinées aux terrains alpins. SCARPA annonce une adhérence conçue pour fonctionner sur la roche, la boue et les terrains techniques.

Je retiens surtout la cohérence de l’ensemble. La marque ne cherche pas seulement à ajouter une plaque ou une mousse haut de gamme. Elle travaille simultanément le contact avec le terrain, la stabilité, la protection et l’adhérence.

C’est indispensable lorsqu’on parle d’Alpine Running.

Alien Sky ou Alien Ultra : laquelle choisir ?

C’est finalement assez simple.

Alien SkyAlien Ultra
ProgrammeVerticales et trail alpin techniqueUltra-trail alpin
Poids235 g295 g
Stack26-20 mm38-32 mm
PlaqueNylon + 20 % fibre de verrePebax + 30 % fibre de carbone
PhilosophieLégèreté, précision, réactivitéProtection, stabilité, endurance
Usage idéalCourses courtes à moyennes, verticalesLongues distances et ultras alpins
Prix229,95 €249,95 €

Si tu veux courir vite en montée et rester au plus près du terrain, je regarderais l’Alien Sky.

Si ton objectif est de passer plusieurs heures en montagne et que tu veux davantage de protection sous le pied, l’Alien Ultra me paraît beaucoup plus logique.

Une première édition qui donne le ton

Ces deux chaussures sont disponibles depuis le 20 août 2026, mais leur caractère Limited Edition leur donne une dimension particulière : elles servent aussi de première vitrine à la nouvelle plateforme Alpine Running de SCARPA, qui doit s’étoffer dans les prochaines saisons.

Et c’est probablement ce qui m’intéresse le plus.

SCARPA ne présente pas simplement deux nouveaux coloris. La marque semble vouloir installer une véritable famille de chaussures de performance autour de l’Alpine Running, avec une séparation claire entre les besoins du coureur qui cherche l’explosivité et ceux de l’ultra-traileur.

Pour une marque historiquement très présente dans les sports de montagne, cette évolution est finalement assez logique.

Mon avis

Sur le papier, l’Alien Sky et l’Alien Ultra me semblent particulièrement intéressantes parce qu’elles refusent le compromis de la chaussure unique.

La Sky assume la légèreté et le contact avec le terrain. L’Ultra accepte quelques grammes supplémentaires pour gagner en protection et en efficacité sur la durée.

Je trouve surtout intéressant le travail réalisé autour de la plaque. SCARPA ne semble pas vouloir reproduire simplement ce qui existe sur route en ajoutant une plaque carbone dans une chaussure de trail. La marque cherche à conserver de la flexion, de la torsion et de l’adaptation au terrain.

Il faudra évidemment attendre les essais terrain pour juger leur comportement réel. Les données annoncées sont prometteuses, mais entre une chaussure de laboratoire et une descente alpine avec les jambes chargées, il existe toujours un monde.

Et c’est précisément dans ce monde-là que les Alien devront faire leurs preuves.

Greg Runner

Diplômé en Sciences du Sport (STAPS) et ancien pigiste pour La Voix des Sports, Grégory combine une expertise technique du matériel (affinée chez Adidas) et une solide expérience du terrain. Rédacteur et testeur running depuis plus de 15 ans, ce touche-à-tout décrypte l'actualité de la course à pied sous toutes ses formes. Des 10 km locaux aux exigences extrêmes du Marathon des Sables, du Semi de Paris aux sentiers techniques de l'UTMB, il transmet sa passion du dossard à travers des analyses rigoureuses et des tests sans filtre pour les passionnés de performance.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre commentaire sera révisé par les administrateurs si besoin.