S’entraîner en altitude: le livre

S'entrainer en altitude (Grégoire Millet, éditions De Boeck) / SimAlti

Il y a deux mois, j’ai reçu le livre « S’entraîner en altitude » de Grégoire Millet et Laurent Schmitt, aux éditions de boeck. Je lis le livre. Enfin, je le survole. Des passages sont très intéressants, mais tout est très technique.
J’en ressors quelques grandes idées que j’ai pu noter ou retenir:
L’hypoxie, c’est un manque d’apport en oxygène. L’hypoxie est donc un stress qu’on impose au corps, ce qui va induire une adaptation physiologique. L’explication est simple mais c’est parfait pour débuter ce livre. Très vite, on entre dans des approches scientifiques. Mais heureusement, chaque approche est précédée d’un rappel. Production d’énergie , ATP, ADP, etc. Tout est rappelé dans le moindre détail. Bref, un peu dur pour les néophytes. Mais très important pour lire la première partie du livre et la comprendre: adaptations physiologiques à l’hypoxie. Je vais passer très brièvement sur toutes ces adaptations, qu’elles soient cardio-vasculaires, ventilatoires, musculaires, neuromusculaires, etc.
Partie 2: Performance et hypoxie: après un petit rappel des bases sur la performance aérobie. Cette approche aussi est très scientifique. Je survole le tout, je note des informations intéressantes par-ci par-là (enfin celles que je comprends). Le partie sur la nutrition liée à l’entraînement en hypoxie confirme la qualité de ce livre sur le sujet avec une approche large et pourtant très précise de l’entraînement en altitude.
– Les 3 parties suivantes deviennent enfin plus concrètes pour moi. L’entrée en matière par l’approche éthique est très intéressante. Si, pour moi, il est normal que l’entraînement en altitude ne soit pas considéré comme du dopage, elle ne l’est pas pour tout le monde. Et encore moins quand elle se fait de manière simulée. Pourtant, comment empêcher des skieurs de s’entraîner en haute montagne, ou des footballeurs mexicains de s’entrainer sur un plateau à 2 000 mètres d’altitude… Je découvre qu’il existe différentes méthodes d’entrainement en altitude: Vivre et s’entraîner en haut, Vivre en haut et s’entraîner en bas, Exposition intermittente hypoxique, et l’Entraînement intermittent en hypoxie. Les propositions pour une combinaison optimale des différentes méthodes hypoxiques dans la planification annuelle mettent en avant un point essentiel: il faut passer au moins 3 semaines en altitude, notamment pour un temps d’acclimatation puis une montée en charge de l’entraînement. Ce n’est pas négligeable comme point quand on est un amateur… Cela veut-il dire que s’entraîner une semaine en altitude ne sert à rien?
Les exemples et expériences de professionnels sportifs, notamment des entraîneurs et des sportifs de haut niveau, permet de se faire une vision concrète des apports d’un tel entraînement.

En refermant ce livre très riche, j’ai de nombreuses questions. Aussi, je demande à Grégoire Millet si il veut bien m’accorder un peu de son temps pour répondre à mes questions via une interview filmée. Le moment tombe mal, il prépare la course du Tor des Géants, sur laquelle il a également une étude réalisée sur la fatigue. Nous repoussons l’entretien à début octobre.

Une des questions que j’ai à poser concerne l‘hypoxie simulée: permet-elle un bénéfice pour les sportifs? Et à quelle échelle? Je ne suis pas sûr d’avoir une vraie réponse.
Pourtant, je l’aurai indirectement, puisque je recevrai ce message avant notre entretien: « Bonjour. Finalement, je ne ferai pas cet interview… Je ne souhaite pas être associé à SimAlti. Désolé. Grégoire. »
Grosse déception. L’entraînement en altitude, j’ai plutôt l’impression qu’on en parle très peu. Avoir l’avis d’un expert dans le domaine, qui connaît bien  l’univers de la course à pied et, et notamment du trail (il arrive 3ème au  Tor des Géants 2011), aurait permis de vulgariser un peu les différentes études scientifiques sur le sujet. Mais ce ne sera pas sur mon blog…

Dans tous les cas, je conseille ce livre aux sportifs et entraîneurs pro ou semi-pro qui souhaitent intégrer l’entraînement en altitude. Côté amateurs, je pense qu’il faut plutôt être proche de la montagne pour pouvoir vraiment se préparer dans de bonne conditions en utilisant l’hypoxie. L’approche scientifique est très détaillée, et nécessite d’avoir de solides connaissances bio, et physiologique pour pouvoir comprendre la première partie du livre. Mais les parties pratiques sont compréhensibles, à partir du moment où on a l’habitude de préparer des entraînements de manière rigoureuse.

2 commentaires

  1. Je me suis replongé dans la lecture du bouquin… je te fais mes retours bientôt !

  2. Dommage pour l’interview, j’ai découvert ça dans ton dernier post et je me demande vraiment si ça peut être utile… Parce que l’entraînement en altitude, par chez nous, c’est pas gagné ! 🙂

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