Suunto Run 2 : avis, nouveautés et comparaison avec les autres montres
Il y a une chose que j’aime bien dans l’évolution des montres GPS : lorsqu’un constructeur ne se contente pas d’ajouter une fonction à une nouvelle génération, mais cherche à corriger précisément ce qui pouvait limiter le modèle précédent. Avec la Suunto Run 2, la marque finlandaise semble avoir suivi cette logique. Plus lumineuse, plus endurante, mieux équipée et surtout dotée de la cartographie hors ligne, elle conserve pourtant son poids plume de 35 grammes.
Alors, simple évolution de la Suunto Run ou véritable changement de catégorie ? Et surtout, est-ce la montre qu’il te faut si tu cours sur route, si tu passes régulièrement sur les sentiers ou si tu commences à lorgner vers le trail et l’ultra ?
Suunto Run 2 : une montre pensée pour courir, mais pas seulement
La première Suunto Run avait fait un choix assez clair : proposer une montre relativement simple, légère et orientée course à pied.
La Run 2 conserve cette philosophie. Son boîtier de 46 mm ne pèse que 35 g, avec une lunette en acier inoxydable et un verre Gorilla Glass. Elle reste donc nettement plus légère que les modèles plus ambitieux de la gamme, comme la Race 2 ou la Vertical 2.
Mais Suunto lui ajoute plusieurs éléments qui changent sensiblement son potentiel.
Le premier saute aux yeux : son écran AMOLED de 1,32 pouce atteint désormais 2 000 nits. C’est plus de trois fois la luminosité annoncée sur la première Run. Pour toi qui cours en plein soleil, ce n’est pas une donnée destinée à remplir une fiche technique. C’est simplement la possibilité de lire ton allure, ta fréquence cardiaque ou ta distance sans devoir tourner ton poignet dans tous les sens.
Et lorsque tu es en pleine séance de fractionné, cette simplicité compte.
Le vrai changement : la cartographie
C’est probablement la nouveauté la plus importante.
La Suunto Run 2 peut désormais afficher des cartes hors ligne, téléchargeables gratuitement, et fonctionner sans connexion au smartphone. Tu peux donc partir suivre une trace sur un itinéraire que tu ne connais pas et consulter directement la carte depuis ton poignet.
Pour le coureur sur route, cela peut sembler secondaire.
Pour le traileur, c’est différent.
Imagine une sortie dans le Sancy, une boucle improvisée en voyage ou une reconnaissance de parcours. Jusqu’ici, la Suunto Run était capable de suivre un itinéraire, mais elle ne proposait pas cette vision cartographique complète. La Run 2 rapproche donc son expérience de celle des modèles supérieurs.
Attention toutefois à ne pas en conclure qu’elle remplace automatiquement une Race 2 ou une Vertical 2. Ces deux montres restent positionnées plus haut dans la gamme et disposent d’un ensemble de fonctions plus complet.
La Run 2 devient simplement beaucoup plus intéressante pour celui qui veut courir et explorer sans forcément investir dans une montre outdoor haut de gamme.
Une meilleure précision GPS et une fréquence cardiaque qui évolue
Sous le boîtier, Suunto a également revu ses fondamentaux.
La Run 2 utilise un GPS double fréquence L1 + L5, avec prise en charge de plusieurs systèmes satellitaires. L’objectif est évidemment d’améliorer la précision du positionnement, notamment lorsque l’environnement devient compliqué.
Pour un marathonien qui court au milieu d’une route dégagée, la différence ne sera pas forcément spectaculaire.
Dans une forêt dense, entre les immeubles ou sur certains sentiers encaissés, la qualité du positionnement devient en revanche beaucoup plus importante.
Même logique pour la fréquence cardiaque. Suunto a installé un capteur optique à 12 canaux derrière un verre incurvé. Sur le papier, c’est une évolution significative par rapport à la première Run.
Et c’est une bonne nouvelle pour les séances structurées.
Quand tu fais des répétitions rapides, des changements d’allure ou une longue montée en trail, une fréquence cardiaque qui réagit correctement est nettement plus utile qu’une donnée qui arrive avec plusieurs dizaines de secondes de retard.
Cela ne signifie pas pour autant qu’une mesure optique remplacera systématiquement une ceinture cardio. Pour les séances très intenses, et notamment lorsque tu travailles sur des zones cardiaques précises, la ceinture reste une référence.
24 heures de GPS : suffisant pour le trail ?
L’autonomie est un autre domaine dans lequel la Run 2 progresse.
Suunto annonce jusqu’à 10 jours d’utilisation quotidienne et jusqu’à 24 heures en mode GPS double fréquence. La batterie passe à 380 mAh, soit une augmentation annoncée de 29 % par rapport à la Suunto Run.
24 heures, c’est beaucoup pour une montre destinée en priorité au running.
Pour un marathon, un trail de quelques heures ou même une bonne partie des ultras, tu disposes d’une marge confortable.
Mais c’est aussi là que la différence avec la gamme supérieure apparaît.
La Race 2 monte jusqu’à 55 heures en mode Performance, tandis que la Vertical 2 atteint 65 heures dans son mode GPS le plus précis.
Si ton calendrier est rempli d’ultras de 50, 80 ou 100 miles, la Run 2 n’est donc pas le choix le plus évident.
Si tes sorties dépassent rarement les 10 ou 12 heures, la question est différente.
Il faut alors se demander si tu as réellement besoin des capacités supplémentaires d’une montre plus lourde et plus chère.
Run 2, Race 2 ou Vertical 2 : laquelle choisir ?
C’est finalement la question la plus intéressante.
La Run 2 me paraît particulièrement cohérente pour le coureur qui veut une montre légère, simple et centrée sur l’entraînement, mais qui souhaite désormais disposer de la cartographie et d’une meilleure autonomie.
La Race 2 joue davantage la carte de la performance. Elle possède un écran AMOLED de 1,5 pouce, plus de 115 modes sportifs, les cartes hors ligne et jusqu’à 55 heures d’autonomie en mode Performance. Elle est également beaucoup plus lourde : 76 g dans sa version acier, 65 g dans sa version titane.
La Vertical 2 est encore différente. Avec ses 87 g en version acier, ses cartes, sa lampe LED et jusqu’à 65 heures en GPS multibande, elle vise clairement davantage les longues aventures et les environnements outdoor exigeants.
En simplifiant beaucoup :
- Run 2 : courir léger.
- Race 2 : s’entraîner et performer.
- Vertical 2 : explorer et durer.
Cette hiérarchie me paraît finalement plus intéressante que la simple comparaison des caractéristiques.
Et face à Garmin et Coros ?
C’est ici que la Run 2 se retrouve face à un problème de taille : la concurrence est devenue redoutable.
La COROS Pace 4, par exemple, pèse seulement 32 g avec son bracelet nylon, annonce 41 heures d’autonomie GPS et propose désormais elle aussi la cartographie hors ligne. Son prix officiel en France est de 269 €.
La Garmin Forerunner 570 est une autre concurrente crédible pour le coureur qui privilégie l’entraînement. Elle propose le GPS multibande, les fonctions d’entraînement et un écran AMOLED, mais son autonomie GPS maximale annoncée est nettement inférieure à celle de la Run 2.
Le choix dépend donc moins de la fiche technique que de ce que tu attends de ta montre.
Si tu veux avant tout programmer tes entraînements, analyser ta progression et bénéficier d’un écosystème très développé, Garmin reste extrêmement difficile à ignorer.
Si tu cherches une montre très légère avec une forte orientation entraînement et une excellente autonomie, COROS est particulièrement agressif.
Suunto, elle, conserve un argument qui compte beaucoup chez les traileurs : son approche très outdoor, son écosystème cartographique et l’expérience de navigation qui accompagne ses montres depuis plusieurs générations.
Faut-il acheter la Suunto Run 2 ?
À 299 € avec 4 Go de stockage et 349 € avec 64 Go, la Run 2 n’est plus vraiment une montre d’entrée de gamme.
Et c’est probablement le principal débat autour de cette génération.
La première Run était intéressante parce qu’elle proposait une expérience assez dépouillée à un tarif contenu. La Run 2 monte clairement en gamme.
Mais elle apporte aussi quelque chose que la précédente n’avait pas : une véritable polyvalence entre course et exploration.
Pour moi, c’est là que se trouve son intérêt.
Si tu fais exclusivement de la route et que tu recherches avant tout les métriques d’entraînement les plus poussées, je regarderais attentivement ce que proposent Garmin et COROS dans cette tranche de prix.
Si tu es coureur sur route mais que tu commences à sortir sur les chemins, que tu fais du trail quelques fois par mois et que tu veux une montre légère capable de te guider sur un parcours inconnu, la Run 2 devient beaucoup plus séduisante.
Et si tu es déjà propriétaire d’une Suunto Run, la question est encore plus simple : la cartographie, le nouveau GPS, l’autonomie et le nouveau capteur cardio constituent de vraies évolutions. Si tu n’utilises jamais la navigation et que ta Run actuelle te donne satisfaction, en revanche, rien ne t’oblige à changer.
C’est finalement ce que j’aime dans cette Run 2.
Elle ne cherche pas forcément à devenir la meilleure montre GPS du marché.
Elle cherche plutôt à devenir la montre dont tu n’as pas besoin de changer lorsque ta pratique évolue.
Tu commences par courir sur route. Puis tu pars sur un trail. Puis tu découvres les longues sorties en montagne. Et un jour, tu te retrouves à préparer un ultra.
À ce moment-là, la Run 2 ne sera peut-être plus la montre la plus complète de la gamme Suunto.
Mais elle pourrait bien être celle qui t’a accompagné jusque-là.








Commentaires
Laisser un commentaire