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Course Eiffage du Viaduc de Millau 2026 : les femmes à l’honneur

Le 12 septembre 2026 - 7 minutes de lecture
Course Eiffage du Viaduc de Millau 2026

Près de 10 000 coureurs sont attendus dimanche 13 septembre à Millau pour la 8e édition de la Course Eiffage du Viaduc de Millau en Aveyron. Sur les 23,7 km du parcours, dont 4,92 km sur le célèbre viaduc, cinq athlètes invités viendront se mesurer au parcours. Et cette année, le plateau élite prend une coloration particulièrement féminine, avec trois coureuses parmi les cinq athlètes annoncés au départ.

L’objectif affiché par l’organisation est même inédit : voir pour la première fois une femme s’imposer au classement général de cette course. Une ambition qui donnera un intérêt supplémentaire à une épreuve dont le parcours est aussi spectaculaire que particulier.

Trois femmes pour tenter de marquer l’histoire

Une femme remportera-t-elle au scratch la course Eiffage Viaduc de Millau pour la première fois en 2026 ?
Une femme remportera-t-elle au scratch la course Eiffage Viaduc de Millau pour la première fois en 2026 ?

Pour cette édition 2026, Lucy Macharia, Ophélie Serra Boxberger et Augustine Emeraux-Lombard représentent trois profils différents, mais avec un point commun : elles arrivent à Millau avec des références chronométriques solides sur route.

Lucy Macharia, l’expérience de la route

Lucy Macharia sera l’une des coureuses à suivre. La Kényane, licenciée au SCO Sainte-Marguerite Marseille, possède notamment une troisième place au Marseille-Cassis 2019, obtenue en 1h10’36 ».

Elle affiche également un chrono de 31’48 » sur 10 km.

Son profil est particulièrement intéressant pour une course comme celle de Millau. Les 23,7 km ne correspondent pas à une distance classique de championnat, et le parcours impose de savoir gérer une première partie relativement roulante avant d’aborder la montée vers le viaduc puis le retour vers Millau.

Ophélie Serra Boxberger, du steeple au marathon

Ophélie Serra Boxberger apporte une autre expérience. Double championne de France du 3 000 m steeple, elle s’est également spécialisée sur les distances plus longues.

Elle possède cette année un chrono de 32’28 » sur 10 km et surtout un record de 2h27’27 » au marathon.

Sur le papier, cette expérience du marathon pourrait être un atout sur les 23,7 km de Millau. Mais attention à ne pas réduire la course à un simple « semi-marathon allongé » : le parcours affiche environ 390 m de dénivelé positif et comporte une montée avant l’accès au viaduc.

C’est justement cette combinaison entre vitesse sur route et capacité à gérer les changements de rythme qui pourrait faire la différence.

Augustine Emeraux-Lombard, une habituée des podiums nationaux

Augustine Emeraux-Lombard complète le trio féminin. Vice-championne de France du marathon en 2024 et 2025, elle possède un record de 1h13’12 » sur semi-marathon.

Son palmarès récent en fait probablement l’une des Françaises les plus attendues sur cette édition. Elle aura toutefois fort à faire face à Lucy Macharia et Ophélie Serra Boxberger.

Et c’est là que le plateau devient intéressant : plutôt que d’opposer une spécialiste de la route à des coureuses venues du trail, les organisateurs réunissent ici plusieurs profils de haut niveau issus de la course sur route.

Deux spécialistes de la longue distance chez les hommes

Face aux trois femmes, deux hommes complètent le plateau invité : Emile Derrien et Noreddine Khezzane.

Emile Derrien possède un record de 31’42 » sur 10 km, réalisé à Cannes en 2022, ainsi qu’un chrono de 1h06’34 » sur 20 km en 2023.

Noreddine Khezzane dispose, lui, d’une relation particulière avec cette course puisqu’il a participé à toutes les traversées du Viaduc de Millau. Multiple champion de France dans différentes catégories et sur différentes distances, il connaît donc parfaitement ce parcours si particulier.

Il sera également présent avec les Furets d’Eiffage, le club de course à pied du groupe Eiffage qu’il préside. Une vingtaine de collaborateurs élites participeront à l’épreuve sous les couleurs du club, parmi lesquels Zhora Aouami, Justine Noel, Hussein Khangui, Quentin Cornu, Remi Vittaz, Alexi Blaising et Tanguy Guerry.

23,7 km et 390 m de dénivelé pour rejoindre le viaduc

La course sur le Viaduc de Millau est l'attraction de la course
La course sur le Viaduc de Millau est l’attraction de la course

Le parcours constitue évidemment l’autre particularité de cette course.

Le départ sera donné depuis le boulevard de l’Ayrolle, dans le centre de Millau. Les cinq premiers kilomètres sont relativement roulants, avant que les coureurs n’attaquent la montée sous les piles du viaduc par l’ancienne piste utilisée pendant le chantier de construction de l’ouvrage.

Puis vient le passage emblématique : un aller-retour sur le viaduc, avec 2 460 mètres dans chaque sens. Au total, 4 920 mètres sont parcourus sur le tablier, avant de redescendre vers Millau et l’arrivée au Parc de la Victoire.

Le viaduc culmine à 343 mètres, tandis que le tablier se trouve à environ 270 mètres au-dessus du Tarn. Pour les coureurs, cela représente donc surtout une expérience assez rare : courir sur un ouvrage habituellement réservé à la circulation automobile.

Et contrairement à ce que pourrait laisser penser son profil, la course n’est pas une simple promenade touristique. Avec environ 390 m de dénivelé positif sur 23,7 km, la montée vers le viaduc puis les différentes relances du parcours peuvent réellement peser sur les jambes.

Une première victoire féminine dans le viseur

L’organisation annonce clairement son ambition : voir une femme franchir la première la ligne d’arrivée et inscrire pour la première fois un nom féminin au sommet du classement.

L’objectif est loin d’être anecdotique lorsque l’on regarde le palmarès de l’épreuve. En 2016, Hassan Chahdi avait remporté la course en 1h18’53 », tandis que Laurane Picoche s’était imposée chez les femmes en 1h28’27 ». En 2018, Camilo Raul Santiago avait établi le record de l’épreuve en 1h16’54 », devant Corinne Herbreteau chez les femmes en 1h32’58 ». Plus récemment, en 2024, Michaël Bouche et Melody Julien avaient remporté respectivement les classements masculin et féminin sur le 23,7 km.

Le classement général reste donc jusqu’ici favorable aux hommes. Mais avec trois femmes parmi les cinq athlètes invités cette année, le rapport de force pourrait être différent en 2026.

Je trouve d’ailleurs cette configuration plus intéressante qu’une simple mise en avant marketing de la course féminine. Avec des références comme les 2h27’27 » d’Ophélie Serra Boxberger au marathon, les performances d’Augustine Emeraux-Lombard sur marathon et semi-marathon ou l’expérience de Lucy Macharia sur les courses sur route, il y a suffisamment de qualité pour imaginer une véritable bataille pour la victoire scratch.

Millau se prépare aussi à faire la fête

L'édition 2026 sera à nouveau une fête
L’édition 2026 sera à nouveau une fête

Au-delà de la course élite, la Course Eiffage du Viaduc de Millau reste avant tout une épreuve populaire. Près de 10 000 coureurs sont attendus cette année et le parcours est officiellement limité à une distance de 23,7 km.

Le départ des cinq athlètes invités est prévu à 8h55, aux côtés de Gabriel Bordier, ancien marcheur olympique et parrain de cette édition 2026.

Le village partenaire installé au Parc de la Victoire ouvre dès le vendredi 11 septembre et doit accompagner le week-end avec des animations et des rencontres autour de la course.

Mais dimanche matin, c’est bien la traversée du viaduc qui restera le moment fort. Pour les coureurs, les 4,92 km passés sur le tablier constituent une expérience que peu d’épreuves peuvent proposer.

Et cette année, il faudra donc aussi regarder devant : une femme parviendra-t-elle enfin à remporter le classement général de la Course Eiffage du Viaduc de Millau ? Avec trois prétendantes parmi les cinq athlètes invités, 2026 pourrait être l’année où le palmarès de l’épreuve change de visage.

Photos : Anthony Chaumontel / Floé Eif / Greg Alric / Cyrille Quintard

Greg Runner

Diplômé en Sciences du Sport (STAPS) et ancien pigiste pour La Voix des Sports, Grégory combine une expertise technique du matériel (affinée chez Adidas) et une solide expérience du terrain. Rédacteur et testeur running depuis plus de 15 ans, ce touche-à-tout décrypte l'actualité de la course à pied sous toutes ses formes. Des 10 km locaux aux exigences extrêmes du Marathon des Sables, du Semi de Paris aux sentiers techniques de l'UTMB, il transmet sa passion du dossard à travers des analyses rigoureuses et des tests sans filtre pour les passionnés de performance.

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