Chaussures de trail

Scott Kinabalu Ultra [Test] : une vision plus nerveuse de la longue distance

Le 6 mai 2026 , mis à jour le 6 mai 2026 - 7 minutes de lecture
Test des Scott Kinabalu Ultra

Scott semble avoir enclenché un vrai virage dans sa gamme trail. Et ça se voit immédiatement avec cette Kinabalu Ultra. Pendant longtemps, la marque suisse a proposé des chaussures solides, parfois très techniques, mais pas toujours en phase avec l’évolution du marché. Aujourd’hui, les attentes ont changé. Les coureurs veulent du confort, oui, mais aussi du dynamisme, de la légèreté et une vraie capacité à maintenir de l’allure sur la durée.

C’est exactement sur cette promesse que se positionne la Kinabalu Ultra. Une chaussure annoncée pour les longues distances, mais avec une approche beaucoup plus moderne que ce que Scott proposait auparavant. Reste à comprendre ce qu’elle vaut réellement, et surtout à qui elle s’adresse.

Une rupture dans l’ADN de la gamme Kinabalu

40 mm au talon, avec un drop de 6 à 7 mm et un poids contenu autour de 265 grammes
40 mm au talon, avec un drop de 6 à 7 mm et un poids contenu autour de 265 grammes

Si tu connais un peu l’historique de la gamme Kinabalu, tu sais que ce n’est pas une lignée anodine chez Scott. Mais avec cette version Ultra, on sent qu’il ne s’agit pas d’une simple évolution. C’est clairement une réorientation.

Là où les anciens modèles pouvaient être perçus comme exigeants, parfois rigides, voire un peu « datés » dans leur approche, cette Kinabalu Ultra adopte les codes actuels du trail. Stack élevé, mousse moderne, géométrie orientée vers le déroulé… tout est là.

On parle ici d’une chaussure qui monte autour des 40 mm au talon, avec un drop de 6 à 7 mm et un poids contenu autour de 265 grammes. Sur le papier, elle vient clairement se positionner face aux références actuelles du segment longue distance.

Mais ce qui est intéressant, c’est que Scott ne tombe pas dans le piège du maximalisme pur. La Kinabalu Ultra ne cherche pas à être la plus confortable du marché. Elle cherche à être efficace.

Une mousse moderne, mais pas caricaturale

Le cœur de la chaussure, c’est évidemment sa semelle intermédiaire. Scott mise ici sur une mousse EVA infusée à l’azote, une technologie que l’on retrouve désormais chez plusieurs marques.

Sur le terrain, ce type de mousse a un comportement assez caractéristique. Elle est à la fois plus légère et plus réactive qu’un EVA classique, avec une capacité à restituer de l’énergie sans devenir trop instable.

Ce qui ressort avec la Kinabalu Ultra, c’est justement cet équilibre. Tu n’as pas une sensation de « coussin » très prononcée, comme sur certaines chaussures ultra amorties. En revanche, tu as une vraie capacité de filtration, avec un amorti qui fait le job sur la durée.

Mais surtout, tu gardes du dynamisme. Et c’est là que la chaussure devient intéressante.

Parce qu’aujourd’hui, beaucoup de modèles d’ultra font le choix du confort au détriment de la réactivité. Ici, Scott tente un compromis différent.

Une chaussure d’ultra… qui aime relancer

Une Scott Kinabalu Ultra faite pour courir
Une Scott Kinabalu Ultra faite pour courir

C’est probablement le point le plus marquant quand tu analyses cette Kinabalu Ultra. Elle n’est pas faite pour subir. Elle est faite pour courir.

Sur les portions roulantes, sur les faux plats, sur les descentes rapides, la chaussure incite clairement à accélérer. Tu sens que la mousse répond, que le rocker accompagne le mouvement, et que l’ensemble reste fluide.

On retrouve ici une logique proche de certains modèles hybrides, capables de naviguer entre performance et endurance. Et c’est assez rare sur ce segment.

D’ailleurs, certaines comparaisons la rapprochent plus de chaussures comme les modèles performants sans plaque que de véritables « tracteurs » d’ultra.

Ce qui pose une vraie question : est-ce vraiment une chaussure d’ultra au sens classique du terme ?

Un positionnement plus subtil qu’il n’y paraît

C’est probablement là que la Kinabalu Ultra divise. Sur le papier, elle est faite pour l’ultra. Dans les faits, elle semble surtout taillée pour des formats longs mais dynamiques.

Si tu es un coureur qui vise un 100 miles très technique, avec beaucoup de caillasse, de dévers, et une fatigue musculaire importante en fin de course, il est possible que tu trouves la chaussure un peu limitée en termes de stabilité ou de protection.

En revanche, sur des formats type 50 à 80 km, voire des 100 km roulants, elle devient beaucoup plus cohérente.

Elle permet de garder du rythme, de rester actif, et de ne pas subir la chaussure. Et ça, pour certains profils, c’est un vrai avantage.

Une tige Matryx logique, mais exigeante

Une tige Matryx, un matériau renforcé avec des fibres de Kevlar
Une tige Matryx, un matériau renforcé avec des fibres de Kevlar

Côté upper, Scott fait un choix assez classique aujourd’hui avec l’utilisation du Matryx.

Ce matériau, renforcé avec des fibres de Kevlar, est devenu une référence sur le haut de gamme. Il apporte à la fois de la légèreté, de la résistance et un bon maintien.

Sur la Kinabalu Ultra, le maintien est plutôt précis. Le pied est bien tenu, sans être compressé, mais on est clairement sur un fit orienté performance.

Cela implique deux choses. D’abord, la chaussure ne sera pas adaptée à tous les pieds, notamment les plus larges. Ensuite, elle demande un certain niveau de tolérance. Ce n’est pas une chaussure « pantoufle ».

En revanche, pour les coureurs qui aiment les fits ajustés et les sensations précises, c’est plutôt réussi.

Accroche et stabilité : des choix assumés

Des limites sur surfaces humides
Des limites sur surfaces humides

Comme souvent avec ce type de chaussure, il y a des compromis.

Sur terrain sec, la semelle extérieure fait le travail. La traction est correcte, les appuis sont propres, et la chaussure reste efficace dans la majorité des situations.

En revanche, dès que le terrain devient humide ou gras, on atteint les limites du modèle. L’accroche reste en dessous de certaines références, notamment sur roches mouillées ou surfaces glissantes.

Même constat pour la stabilité.

Avec un stack élevé et une mousse relativement souple, la chaussure peut montrer un peu de flottement en dévers ou sur terrain technique. Ce n’est pas rédhibitoire, mais cela demande un peu d’engagement et de technique.

Encore une fois, cela confirme son positionnement : une chaussure performante sur terrains roulants, plus qu’un modèle fait pour l’alpin pur.

Le système traction de Scott
Le système traction de Scott

Une évolution cohérente du marché trail

Ce qui est intéressant avec cette Kinabalu Ultra, c’est qu’elle ne sort pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une tendance de fond.

Aujourd’hui, le trail évolue vers des formats plus rapides, plus roulants, où la capacité à maintenir une allure devient centrale. Les chaussures suivent cette logique.

On voit de plus en plus de modèles hybrides, capables de combiner amorti et dynamisme. La Kinabalu Ultra fait clairement partie de cette catégorie. Et c’est probablement là qu’elle trouve sa place.

Mon avis

Ce que je retiens surtout, c’est le retour de Scott dans une logique produit beaucoup plus moderne.

La marque propose ici une chaussure cohérente, bien positionnée, et capable de rivaliser avec certaines références actuelles.

Mais il faut être clair : ce n’est pas une chaussure universelle.

Elle s’adresse à des coureurs qui ont déjà une certaine technique, une foulée active, et qui cherchent à performer sur des distances longues sans tomber dans le confort maximaliste.

Si tu es dans ce profil, elle mérite clairement ton attention.

Si tu cherches avant tout du confort, de la stabilité et de la sécurité pour finir un ultra en gestion, il y a probablement des options plus adaptées.

Je n’irai pas plus loin ici. Parce que ce type de chaussure mérite un vrai test terrain approfondi, notamment sur des formats longs.

Mais une chose est sûre : Scott n’est plus en retard.

Greg Runner

A la fois routard et traileur, ce touche-à-tout du running et du trail partage sa passion et son expertise dans ce domaine. Vous le retrouverez ainsi sur des courses aussi variées que des 10km de villages, le semi de Paris, le marathon d'Ibiza ou encore l'UTMB et le Marathon des Sables...

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