Course Eiffage du Viaduc de Millau 2026 : Ophélie Serra Boxberger et Goulwen Kerneguez s’imposent
Près de 10 000 coureurs ont pris possession du viaduc de Millau ce dimanche 13 septembre pour la 8e édition de la Course Eiffage du Viaduc de Millau en Aveyron. Sur les 23,7 km du parcours, dont 4,92 km sur le célèbre ouvrage, Ophélie Serra Boxberger et Goulwen Kerneguez ont inscrit leur nom au palmarès de l’épreuve. La Française s’impose chez les femmes, tandis que le coureur local décroche une victoire particulièrement symbolique chez les hommes.
23,7 km entre Millau et le viaduc
Après deux ans d’attente depuis la précédente édition, les coureurs ont retrouvé un parcours qui reste l’une des particularités de l’épreuve : une course sur route de 23,7 km avec 390 m de dénivelé positif, ponctuée par une traversée de 4 920 mètres sur le viaduc de Millau.
Exceptionnellement fermé à la circulation, le tablier a permis aux participants de courir à 270 mètres au-dessus du Tarn. Pour les près de 10 000 inscrits, l’enjeu n’était donc pas uniquement chronométrique. La course propose une expérience assez difficile à reproduire ailleurs, avec cette impression de courir au-dessus de la vallée sur un ouvrage habituellement réservé aux véhicules.
Le départ a été donné à 8h55 par Gabriel Bordier, recordman du monde sur 10 000 mètres marche et détenteur de 13 titres de champion de France, parrain de cette édition 2026.
Sous un soleil radieux, les participants ont ensuite rejoint Millau après avoir découvert le viaduc dans des conditions annoncées comme idéales par l’organisation.
Ophélie Serra Boxberger s’impose chez les femmes
Le plateau féminin avait été particulièrement mis en avant cette année avec trois athlètes de haut niveau parmi les cinq coureurs invités.
Ophélie Serra Boxberger a finalement assumé son statut en remportant la course en 1h28’47 ». La double championne de France du 3 000 mètres steeple avait également réalisé cette année 32’28 » sur 10 km et 2h27’27 » sur marathon.
Elle devance la Kényane Lucy Macharia, licenciée au SCO Sainte-Marguerite Marseille, qui termine deuxième en 1h31’06 ». Macharia avait notamment terminé troisième du Marseille-Cassis en 2019 en 1h10’36 » et possède un record de 31’48 » sur 10 km.
La troisième place revient à Bénédicte Bordes, en 1h31’22 », à seulement 16 secondes de Lucy Macharia.
Cette victoire d’Ophélie Serra Boxberger permet donc à une femme de prendre la première place du classement général de cette édition. L’organisation avait justement fait de cette éventualité l’un des enjeux de cette 8e édition.
Goulwen Kerneguez gagne à domicile
Chez les hommes, la victoire revient à Goulwen Kerneguez, qui boucle les 23,7 km en 1h18’12 ».
Le succès possède une dimension particulière pour le coureur, puisqu’il est devenu une figure du trail local depuis son arrivée à Millau en 2019. Les Grands Causses constituent depuis son terrain de jeu.
Il connaissait déjà particulièrement bien l’épreuve : lors de la précédente édition, il avait terminé 7e au scratch. Il avait également remporté les 100 km de Millau l’année dernière.
Cette fois, Kerneguez est allé chercher la victoire à domicile.
Il devance Hussein Khangui, qui termine deuxième en 1h19’32 », et Corentin Causse, troisième en 1h20’47 ».
Le résultat d’Hussein Khangui possède lui aussi une dimension particulière : collaborateur de l’aéroport de Toulouse, il faisait partie de la délégation des Furets d’Eiffage engagée sur la course.
Le viaduc, véritable vedette de la journée
Même si les résultats constituent l’aspect sportif de l’événement, difficile de parler de cette course sans revenir au parcours.
Le viaduc de Millau reste la raison d’être de cette épreuve. Pendant 4,92 km aller-retour, les coureurs évoluent sur le tablier de l’ouvrage, avec le Tarn 270 mètres plus bas.
C’est cette sensation qui fait la singularité de la course. On est loin d’une simple course sur route avec un monument placé en arrière-plan : ici, le monument devient littéralement le terrain de jeu.
Pour Hervé Pardailhe, directeur de course, cette fermeture exceptionnelle d’une autoroute et du viaduc constitue justement l’une des grandes forces de l’événement. Les coureurs doivent également composer avec les montées du parcours et ses quelque 390 mètres de dénivelé positif.
Pour un coureur habitué au trail, le profil reste évidemment modeste en comparaison d’un ultra ou d’un parcours de montagne. Mais l’intérêt est ailleurs : courir sur une autoroute et traverser le viaduc constitue une expérience assez unique.
1 845 collaborateurs Eiffage au départ
L’autre chiffre marquant de cette édition concerne les salariés du groupe Eiffage.
1 845 collaborateurs Eiffage étaient inscrits à la course, contre 622 en 2022. Un nouveau record pour le groupe.
Ils ont pris le départ sous les couleurs des Furets d’Eiffage, le club de course à pied du groupe créé en 2002 et affilié à la Fédération Française d’Athlétisme.
Parmi les coureurs engagés figuraient notamment Zhora Aouami, Justine Noel, Hussein Khangui, Quentin Cornu, Remi Vittaz, Alexi Blaising et Tanguy Guerry.
La deuxième place de Hussein Khangui au classement masculin vient d’ailleurs donner une belle visibilité à cette mobilisation interne.
Une organisation XXL pour fermer l’A75
Derrière les images spectaculaires des coureurs sur le viaduc se cache une organisation particulièrement importante.
La course bénéficie d’une autorisation ministérielle permettant aux participants de courir sur une autoroute. La fermeture du viaduc et d’une portion de l’A75 nécessite donc un dispositif de sécurité conséquent.
Selon l’organisation, près de 100 personnes sont mobilisées pour assurer la gestion de cette fermeture et la sécurité des participants, tandis que 55 bénévoles à VTT assurent une surveillance permanente du parcours sur le viaduc.
À cela s’ajoutent plus de 600 bénévoles mobilisés pour l’événement.
C’est probablement l’aspect que l’on perçoit le moins lorsque l’on regarde les images de la course. Pour offrir ces quelques kilomètres hors du commun aux coureurs, il faut transformer temporairement une infrastructure autoroutière en parcours de course à pied, puis la remettre en circulation.
Une édition qui dépasse le simple défi sportif
Avec 64 nationalités représentées, une participante de 19 ans, Loane Inacio, et un doyen de 87 ans, Pierre Frappier, la Course Eiffage du Viaduc de Millau dépasse largement la seule confrontation entre les athlètes invités.
Les chiffres témoignent de cette dimension populaire : près de 10 000 inscrits, plus de 600 bénévoles et près de 1 850 collaborateurs Eiffage engagés.
L’organisation annonce également avoir distribué 2 672 kg de nourriture sur les deux ravitaillements, avec notamment des produits locaux à l’arrivée comme l’Aligot de Jeune Montagne.
Sur le plan environnemental, des rampes raccordées au réseau d’eau potable de Millau ont remplacé les bouteilles et gobelets jetables. Les groupes électrogènes à essence ont également été supprimés au profit du réseau électrique et de batteries.
Mais au-delà de ces chiffres, l’image qui restera de cette 8e édition est sans doute celle de ces milliers de coureurs suspendus au-dessus de la vallée du Tarn.
Et avec les victoires d’Ophélie Serra Boxberger en 1h28’47 » et de Goulwen Kerneguez en 1h18’12 », deux nouveaux noms viennent désormais s’inscrire au palmarès d’une course dont le principal défi reste peut-être de transformer, le temps d’une matinée, un ouvrage autoroutier en terrain de running.
Photos : Greg Alric / Aurélien Vialatte












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