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Équipe de France de course en montagne : une sélection dense et ambitieuse pour l’Europe

Le 6 mai 2026 , mis à jour le 6 mai 2026 - 5 minutes de lecture
Equipe de France Championnats d’Europe de course en montagne 2026

La France avance avec des certitudes vers les Championnats d’Europe de course en montagne, programmés du 5 au 7 juin à Ljubljana-Kamnik en Slovénie. Entre continuité et renouvellement, la sélection tricolore reflète assez bien l’état actuel de la discipline : un mélange de leaders identifiés, de valeurs sûres et d’une nouvelle génération qui pousse fort, notamment chez les femmes.

Sur le papier, l’objectif est clair. Être présent dans la bataille collective, tout en gardant des ambitions individuelles sur certains profils.

Une densité qui change la donne

C’est probablement le point le plus intéressant de cette sélection. Julien Rancon et Laurence Vivier insistent sur la densité observée lors des courses de sélection, aussi bien sur le format « uphill » que sur le « up and down ».

On est loin d’une hiérarchie figée. Plusieurs athlètes se tiennent en quelques secondes, ce qui rend la sélection plus ouverte mais aussi plus compétitive.

Cette densité est une vraie force sur un championnat d’Europe. Contrairement à d’autres formats plus individualisés, la course en montagne récompense aussi la régularité collective. Avoir plusieurs athlètes capables de se placer peut faire la différence.

C’est d’ailleurs une tendance que l’on observe depuis quelques saisons. La France ne repose plus uniquement sur une ou deux têtes d’affiche, mais sur un groupe élargi capable de répondre présent.

Un collectif structuré autour de profils complémentaires

Chez les seniors, la sélection s’articule autour de profils assez différents mais complémentaires.

Sur le « up and down » masculin, on retrouve notamment Corentin Capelier, Romain Discher, Théodore Klein et Quentin Meyleu. Des coureurs capables d’être performants sur des formats complets, où la gestion des relances et des descentes est essentielle.

Chez les femmes, Lili Beck, Nélie Clément, Margot Dajoux et Marie Nivet composent un groupe homogène, avec un mélange intéressant entre expérience et fraîcheur.

Sur le format « uphill », plus spécifique, la sélection s’adapte logiquement. On retrouve des profils comme Emmanuel Meyssat ou Christel Dewalle, spécialistes de l’effort en montée pure, où la puissance et la gestion de l’intensité sont déterminantes.

Ce découpage des profils montre une chose. La course en montagne se spécialise de plus en plus, et la Fédération en tient compte dans sa stratégie.

Nélie Clément, le pari assumé

Parmi les choix forts, celui de Nélie Clément mérite d’être souligné.

Seulement 6e sur la course de sélection « uphill » en raison de problèmes de santé, elle a ensuite dominé le « up and down ». Le comité de sélection a fait le choix de la retenir malgré tout sur les deux formats.

C’est un signal intéressant. On ne se limite pas uniquement au résultat brut, mais on prend en compte le potentiel et le contexte.

Son top 10 lors des derniers Mondiaux en montée sèche confirme d’ailleurs qu’elle a le niveau pour exister sur la scène internationale.

Une jeunesse qui pousse, surtout chez les femmes

Autre élément marquant, le rajeunissement observé, notamment dans les catégories féminines.

Plusieurs jeunes athlètes arrivent avec peu de références internationales, mais avec des performances solides sur le plan national. C’est un pari, mais aussi une nécessité pour préparer la suite.

Chez les U20, la sélection est dense également, avec des profils comme Basile Astier, Clément Coudert ou Oscar Cransac-Chayrigues chez les hommes, et un groupe féminin intéressant autour de Lila André, Manon Duprat ou Julie Forner.

À noter également le choix de certaines jeunes comme Elyna Mille et Louise Tisserand de privilégier la Coupe du monde plutôt que les Championnats d’Europe. Une décision qui illustre aussi la diversité des parcours aujourd’hui.

Une stratégie de sélection claire

Le cadre de sélection reste assez lisible. Les tops 3 des championnats de France et des courses de sélection sont retenus en priorité, complétés par des profils jugés solides pour renforcer le collectif.

Ce système a l’avantage de récompenser la performance directe tout en laissant une marge d’ajustement.

Il permet surtout de construire une équipe cohérente, capable de répondre aux exigences spécifiques de chaque format.

Un stage pour renforcer la dynamique

La préparation ne s’arrête pas à la sélection. Un stage est prévu à Briançon pour renforcer la cohésion du groupe.

C’est un élément souvent sous-estimé, mais essentiel sur ce type de compétition. La course en montagne, notamment en format équipe, repose aussi sur une dynamique collective.

Créer du lien, partager des séances, ajuster les stratégies… tout cela peut peser le jour de la course.

Mon regard

Cette sélection est cohérente et plutôt rassurante. La densité est là, les profils sont complémentaires, et la stratégie semble claire. La France a des arguments pour exister sur ces Championnats d’Europe, à la fois collectivement et individuellement.

Maintenant, comme souvent en course en montagne, tout se jouera sur des détails. Le profil du parcours, les conditions, la gestion de course. Mais une chose est sûre. Cette équipe n’arrive pas en Slovénie pour subir.

Greg Runner

A la fois routard et traileur, ce touche-à-tout du running et du trail partage sa passion et son expertise dans ce domaine. Vous le retrouverez ainsi sur des courses aussi variées que des 10km de villages, le semi de Paris, le marathon d'Ibiza ou encore l'UTMB et le Marathon des Sables...

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