TEST: Adidas Energy Boost

Adidas Energy Boost

Après un mois de test, voici mon retour sur cette paire de running qui a tant fait parler d’elle ce mois-ci: les Adidas Energy Boost.

Un lancement mondial

La première des choses qu’on identifie clairement, c’est que cette chaussures est lancée par une grande marque, Adidas. La campagne de presse/communication/marketing réalisée en simultané au niveau mondial, et les moyens qui ont été mis en place pour le lancement de ce modèle sont hallucinants. Mais l’explication est assez simple: le modèle running va servir de fer de lance pour promouvoir la mise en place de la technologie Boost sur l’ensemble des chaussures de la marque.

Le Boost, c’est quoi?

Regardons de plus près cette technologie. La firme aux trois bandes d’origine allemande s’est rapprochée de BASF, the (german) chemical company  (c’est Angela qui doit être contente) pour « créer un nouveau matériau d’amorti pionnier dans le domaine de la course à pied« . Je ne vais pas vous faire une description technique de la semelle mais la promesse affichée est la suivante: « un matériau révolutionnaire qui combine deux caractéristiques habituellement contradictoires : d’un côté l’amorti moelleux et confortable et de l’autre, l’amorti ferme et réactif. Grâce à ces propriétés qui permettent d’améliorer les performances, la foulée est plus agréable que jamais. » En gros, pour résumer, avant on avait l’EVA comme composant principal de la semelle, et c’était bien; maintenant, on a le Boost et c’est mieux. Mais si, vous avez bien vu la vidéo qui n’a cessé d’être publiée et relayée partout sur le net. Non? Bon, remise à niveau pour les retardataires…

 

Présentation

Adidas Energy Boost: TechfitBon, ne nous éternisons pas sur le « comment ça marche »; d’autres sites ont déjà relayé les communiqués de presse bien avant moi. Passons au choses sérieuses, la découverte du produit et le test. La paire de chaussures que j’ai reçue est assez légère, malgré les impression trompeuses dues à l’épaisseur de la semelle: 260 g! Par contre, il est certain que les minimalistes ne vont pas l’apprécier: son drop est de 10mm. La semelle, puisque c’est elle qui nous intéresse, est surprenante visuellement. On a l’impression qu’il s’agit d’une semelle en polystyrène, qui va se déchirer à la première sortie. Et bien pas du tout, la semelle semble parfaitement solide. Sur le dessus de la chaussure, le textile utilisé est élastique, respirant et léger (Techfit), ce qui permet d’avoir une chaussure au plus près du pied et, à mon sens, favorise le confort. On appréciera au passage la languette de la chaussure très solidaire de la chaussure, évitant que celle-ci tourne pendant la course.

Côté coloris, je ne suis pas fan des couleurs sombres, même si le jaune vient rehausser un peu le niveau sur le modèle noir. Mais différents coloris semblent disponibles pour répondre à tous les goûts.

Le test

Adidas Energy Boost: la SemelleJ’ai d’abord utilisé la chaussure en entraînement, histoire de voir si elles me convenaient. J’ai été agréablement surpris de l’effet de légèreté que procure la semelle. L’énergie obtenue lors de la phase d’amorti restituée dans la phase de dynamisme est réellement efficace. Afin de voir si cela améliorait mes performances, j’ai réalisé deux tests sur course officielle, lors du 10km de la Saint Valentin et lors des 10km du 14ème. Ce qui est sûr, c’est qu’avec les montées et descentes des buttes Chaumont sur la première course, j’ai pu ressentir l’effet Boost, notamment lors des phases descendantes. Par contre, lors du 10km du 14ème, je l’ai beaucoup moins ressenti.

L’explication est simple. Adidas a réalisé sa chaussure pour une foulée qui attaque le sol par le talon, qui nécessite le déroulement du pied pour arriver à la phase de propulsion avec l’avant du pied. C’est la foulée qui correspond à la majorité des coureurs. Pour améliorer cette foulée, le Boost est donc essentiellement concentré dans le talon, d’où le drop important. L’énergie va être conservée au niveau du talon dans la phase d’attaque au sol, et lorsque le talon va quitter le sol, la semelle va restituer l’énergie en repoussant le talon pour propulser la foulée.

Du coup, lorsqu’on attaque le sol par l’avant du pied (pour les coureurs minimalistes et les coureurs les plus rapides), le coureur utilise la partie la plus fine de la semelle. Du coup, le matériau peut emmagasiner moins d’énergie, et donc, en phase de propulsion, la semelle restitue également moins d’énergie; on ne retrouve pratiquement plus d’effet Boost.

C’est pourquoi j’ai moins ressenti l’effet Boost lors du 10km du 14ème, puisque le parcours était plat et qu’avec la vitesse de ma course (15,8km/h), mon attaque au sol se faisait par l’avant du pied.

Pour qui alors?

Cette chaussure me semble parfaite pour une grande partie des coureurs, ceux qui courent à moins de 12km/h. Ceux qui ont l’habitude d’attaquer le sol par le talon, il est clair que cette chaussure va leur apporter quelque chose en termes de confort et de dynamisme qui vont leur apporter une nouvelle expérience en course à pied.

Je pense que, pour les coureurs qui se préparent pour le marathon de Paris, distance pour laquelle la majorité des coureurs auront une foulée attaque-talon, la chaussure peut leur faire gagner pas forcément en performance mais en confort de course, en économie d’énergie. Car rappelons-le, l’effet Boost, c’est emmagasiner de l’énergie pour mieux la restituer…

Par contre, ce qui est sûr, c’est qu cette chaussure n’est absolument pas faite pour les coureurs minimalistes. Pour les coureurs rapides, je ne pense pas que l’effet Boost sera performant, puisque qu’avec la vitesse, le corps se penche à l’avant et il devient difficile d’attaquer le sol avec le talon. Pour ces coureurs, il faudra être patient et attendre l’arrivée de l’Adizero Adios Boost en juillet 2013. Bien que n’étant pas encore sur le marché, ce modèle était chaussé par Dennis Kimetto, lors de sa victoire au marathon de Tokyo dimanche dernier. Ça promet!

Réflexion

Du coup, suite aux gains de performance qu’entraîne l’utilisation de cette chaussure, je me posais la question de l’entrainement:
– doit-on s’entrainer avec une paire de chaussures classiques et participer aux courses avec l’Energy Boost pour bénéficier au maximum de l’amélioration de la performance?- faut-il refaire son test VMA avec ces chaussures pour adapter son entrainement au gain de performance?
– Pourrai-je dépasser les Kenyans avec cette chaussure au semi  de Paris 2013?

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Achat

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24 commentaires

  1. Super le test, cela permet de se faire une bonne idée de cette nouvelle technologie en fonction des différentes foulées. Je me pose les mêmes questions, sachant que maintenant je cours en EF à +-12km/h que je vise le mdp2013 à 13km/h (j’espère y arrivé) c’est clair que pour les semi et pour les 10km la vitesse est censée augmentée. Alors pour peut-être répondre à tes questions, ou au moins donner mon avis, je pense que nous pouvons attendre les Adizero Adios Boost, et alterner entre ces 2 paires pour les différentes phases d’entrainement.
    Pour ce qui est de dépasser les Kenyans, j’y crois pas trop, mais si c’est le cas je cours les acheter… 😉

  2. Bon ben je me posais la question de si j’allais succomber.
    Courant le marathon en dessous de 12 km/h ça devrait le faire.
    Par contre niveau couleur pour l’instant sont proposées : noire ou rouge pour les hommes, noir ou bleu pour les femmes (et là c’est un peu moyen.. il n’est même pas beau le bleu)

    • Ouais, ils ont du mal à voir la vie en flashys chez Adidas…
      Pour la petite histoire, j’avais discuté avec un commercial de marque de chaussures qui m’avait dit que les distributeurs demandaient des couleurs originales, mais au moment des commandes, ils ne prenaient pas les couleurs flashys, et préféraient les couleurs classiques. Ce qui peut expliquer pourquoi les marques ne proposent que des chaussures aux couleurs dépressives. Dommage…

  3. chaussures de sport

    Si ce sont des chaussures de sport je suis bien preneur, par contre un rêve brisé concernant les Kenyans :s

  4. Pour les Kenyans, je pense que oui 😉 Enfin.. je ne suis pas certain à 100%.. Je pense qu’après ce test, je vais me rendre dans une boutique pour voir la bête de mes propres yeux.

  5. Je penses que cette chaussure dans mon cas sera bien pour tout ce qui est de l’endurance mais pour la course je vais devoir attendre juillet alors.

  6. Pingback: Mon semi-marathon de Paris 2013 | Greg Runner

  7. Pingback: Let’s BOOST Paris together ! - Le Blog de Djailla

  8. Bonjour, bravo pour ce test très instructif. J’ai quelques questions : qu’appelles-tu coureurs rapides ? pour ma part sur un 10km je suis en 37 min soit 16,2 km/h environ, et j’ai vraiment l’impression d’avoir une foulée attaque-talon. Cela me « permettrait » donc d’améliorer mes temps (je ne m’attends pas à des miracles 🙂 ) ? Ou y a-t-il des modèles plus adaptés pour 10 km à 1/2 marathons ?(Saucony Kinvara 3?)

    J’ai eu l’occasion de les essayer pour faire 2-3 foulées, ma première impression : déroutantes et bluffantes, ma deuxième : Comment va évoluer l’amorti dans le temps ?(j’aime les chaussures qui me font au moins 6 mois surtout pour 150€)

    Sinon, tu n’a pas précisé su quels types de terrains tu t’entraînais route, chemins ? pour ma part je fais beaucoup d’entraînements sur chemins et j’ai un peut peur de les user bien plus vite que mes Nike Lunarlon 3 actuelles.

    sportivement.

    • Que de questions! Voici les réponses dans l’ordre:
      – tu fais partie des coureurs rapides.
      – Si tu attaques la foulée avec le talon, alors cette chaussure peut surement t’apporter un plus. A tester…
      – La matière dans laquelle a été faite le semelle permet d’avoir une longévité plus importante par rapport à une semelle classique en EVA. Tu peux compter sur une durée de 1000 km environ.
      – Entrainement essentiellement sur route. Mais à moins de s’entrainer dans un pierrier, je ne pense pas que tes entrainements en chemin soient corrosifs pour la chaussure.
      Je pense avoir répondu à toutes tes questions. J’espère que cela t’aura été utile…

  9. Bonjour,

    Tout d’abord merci. J’avais juste une petite question : pensez vous que cette chaussure est faite pour les coureurs de plus 90 kg ??

    • Vu la qualité de l’amorti et la résistance plus importante de la semelle par rapport à une autre semelle en EVA, je pense qu’elle peut aller à un coureur de 90kg.

  10. Pingback: TEST: les Adidas Adizero Adios Boost | Greg Runner

  11. Il y a un truc qui m’embête en ce moment avec cette mode du minimaliste (oui car quand on voit tout le marketing qu’il y a autour c’est une mode), c’est que l’on confond minimaliste et rapidité des coureurs. Attaquer par l’avant pied ne veut pas dire que l’on est un meilleur coureur. En 2004 une étude a été menée au Japon sur plusieurs excellent coureur et les 3/4 attaquent talon.
    D’ailleurs on peut voir que même Gebrselassie attaque talon donc bon…

  12. Bonjour,
    J’ai fait l’acquisition récemment des energy boost 2 M et voici mon ressenti.
    Je mesure 1,83 m et pèse 78 Kg et ma vitesse moyenne est environ de 12/13 km/h.
    L’amorti au niveau du talon est excellent. J’ai senti l’effet propulsion lors du déroulé vers l’avant. Le confort est moindre vers l’avant avec une sensation de rigidité au niveau de la voute plantaire. J’ai fait quelques accélérations jusqu’à 18 km/h et ressenti un léger décrochage au niveau de la partie avant. Il est encore trop tôt pour me faire un avis précis. C’est au fil des courses que le caractère de ces chaussures se révèlera.
    Dès à présent, à faible allure, je suis conquis. Les baskets sont confortables et légères. A noter qu’il faut absolument prendre une pointure supplémentaire pour ne pas être à l’étroit.

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  14. Bonjour,
    Je viens d’acquerir cette paire de chaussure mais je me sens serré sur le dessus du pied.
    Pensez vous qu’elles peuvent s’assouplir ?
    Merci

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