DUST: Dernière étape et fin

DUST: récit de course

Dernier jour du DUST, qui annonce la fin de l’aventure. Mais la dernière étape s’annonce difficile.

A mi-parcours du DUST, l’expérience est mitigée. La première étape a été difficile; j’étais confronté pour la première fois à la chaleur et au sable mou, difficultés renforcées par un vent de face et des balises souvent difficiles à localiser. Je terminais en compagnie de mon pote Fabrice, exæquo en 14ème place (sur 33 participants), après 3h44 de course.

Le lendemain, en plein connaissance du terrain, je suis gonflé à bloc. Je gère mieux ma course et mon mental, et je bataille avec Steven, qui finira par me lâcher définitivement sur le dernier kilomètre. Résultat: une 9ème place après 2h44 de course.

DUST: 3ème et dernière étape.

Réveillés à 6h par Bruno, déjà branché à la sono (c’est sûr, il dort avec son micro!), nous prenons le petit déjeuner puis finalisons nos bagages. Cette dernière étape nous fait quitter définitivement le campement; l’étape nous amène directement à l’hôtel Dakhla Attitude.

Pour une fois, nous pouvons assister au départ du 150km et nous les encourageons avant de nous rendre en 4×4 sur notre départ, un peu plus loin.

Sur notre lieu de rendez-vous, nous sommes prêts à en découdre avec le désert marocain. Le départ lancé, j’ai une nouvelle fois la chance d’évoluer avec le groupe des élites, dans lequel Vincent Viet se positionne en bonne place. Mais leur départ lent ne dure pas et je les vois s’envoler devant moi en quelques foulées.

DUST

Les premiers kilomètres alternent piste et sable. Du coup, je suis en arrière du second peloton. Stéphane me propose de courir ensemble, mais son allure est trop rapide pour ce début de course. J’évolue avec Pierre-Marie, qui dispute la 3ème place du podium féminin. Cette femme est un véritable rouleau compresseur, courant toujours au même rythme, quelque soit le terrain!
Lorsque nous arrivons sur un plateau, nous ne retrouvons pas le balisage. Thomas et Stéphane, à une centaine de mètres devant nous, ne retrouvent pas les balises et prennent le pari de retomber sur le parcours en poursuivant leur chemin. Ayant déjà pas mal jardiné sur les étapes précédentes, je décide de revenir sur mes pas. Finalement, Stéphane me signale de loin qu’ils ont retrouvé le parcours et poursuivent. Le temps de nous y remettre et ils nous ont mis 1 km dans la vue. C’est rageant!

Avec Pierre-Marie, nous courons ensemble sur le plateau. La vue est dégagée et mes deux prédécesseurs sont très loin. L’objectif de la journée, à savoir leur mettre 15minutes dans la vue, pour passer devant au classement final semble compromis…

Je passe au premier ravito du KM10. Je prends une bouteille d’eau, puisque que l’étape ne comporte pas beaucoup de sable aujourd’hui, d’après le briefing de course. Mais surprise, c’est du sable mou à perte de vue. Nous cherchons avec Pierre-Marie les balises vertes placées parfois devant la végétation. J’ai l’impression d’être sur une course d’orientation à chercher les balises. Mais finalement, nous ne perdons pas tant de temps que ça, car nous arrivons à bien nous entraider. Très vite, la prétendante au podium part devant moi, me laissant seul pour maudire cette immense étendue de sable. J’évolue à mon rythme en essayant de gaspiller le moins d’énergie possible. Il fait très chaud et je bois beaucoup, m’arrosant régulièrement la tête avec l’eau prise au ravito. Il ne faudrait pas que je prenne un nouveau coup de chaud, comme le jour de la première étape.

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Après 8km de « plage », on retrouve le sol un peu plus dur. Devant, Pierre-Marie a doublé Stéphane et Thomas. Ils ont ralenti, sûrement à cause de la chaleur. Je double d’abord Stéphane, qui s’est mis à marcher, puis Thomas qui semble aussi dans le dur.

Pour ma part, j’arrive plutôt à bien dérouler. J’arrive au second ravito. Je m’arrête à peine, juste le temps de déverser deux bouteilles d’eau sur la tête, et d’en prendre deux autres pour la suite du parcours.  Je ne suis plus très loin de Pierre-Marie que je compte bien doubler également.

Pourtant, mon allure ralentit progressivement. La chaleur continue de monter, 35 degrés me dira-t-on plus tard. Je cuis. Je reste néanmoins à bonne distance de mon objectif, même si je n’arrive pas à accélérer. Puis au dernier checkpoint, à 4km de l’arrivée, le vent de face m’achève. J’apprendrai plus tard que pour ma concurrente, ce vent l’avait « refroidi » et lui avait redonné du cœur à l’ouvrage. Je la perds de vue progressivement, alors que je me fais doubler par les deux premiers du 150km.

J’avance tout doucement, commençant à pester sur ce parcours interminable. Heureusement, le plateau sur lequel je parviens offre une vue incroyable, entre désert et mer.

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J’ai sorti les bâtons, histoire de m’aider des bras sur la plage que je viens de rejoindre. Je retrouve la piste et je donne tout ce qui me reste d’énergie. Bruno m’accueille avec son micro, je viens de terminer la première édition du DUST (en 3h34)!
Un peu plus tard, Thomas et Stéphane arrivent ensemble. Je ne compte que 45 secondes d’avance sur Stéphane et deux minutes devant Stéphane. Défi perso réussi, je finis à la 11ème place du classement générale sur 30 concurrents.

Mais là n’est pas le plaisir. Le réel plaisir est de tous nous retrouver pour fêter entre finishers du DUST ces 3 jours de course, autour d’une bière locale bien fraîche.

Conclusion

Moi qui n’aimait pas le sable et la chaleur; ça se confirme.Pour autant, j’ai passé un agréable moment. Courir dans le désert marocain restera une expérience mémorable. Et faire une course à étape nécessite une véritable gestion de l’effort et de la récupération. Un grand merci à l’organisation de m’avoir invité à cet événement et de m’avoir fait découvrir les courses en étapes, dans le désert qui plus est!

Cette première édition est un véritable succès, avec quelques soucis au niveau du balisage qui ont ajouté de la difficulté à ce DUST. Les retours de coureurs ont été entendus, et les prochaines éditions ne connaîtront plus ce genre de problème. Le confort du bivouac permet de bien gérer le temps sur les étapes, et les repas servis étaient succulents!

Sur le plan humain, j’ai apprécié les moments conviviaux entre coureurs et organisateurs, tant en course, que pendant les moments au bivouac. Tout le monde est passionné par le sport et croit en l’homme, en ses valeurs. Tout s’est fait dans un esprit d’échanges et de partages, quel que soit le niveau du coureur, quel que soit la course sur laquelle il courait, qu’elle que soit sa religion. Cet état d’esprit que j’ai pu constater sur ce bivouac, est d’autant plus fort quelques jours après les événements tragiques qui ont marqué notre actualité.

Nous, coureurs, sportifs, nous devons renforcer et développer cet état d’esprit d’échange et de partage dans notre vie quotidienne. Nous devons répandre l’esprit sportif dans notre société et dans le monde, nous devons répandre le goût de l’effort et du dépassement de soi, nous devons répandre l’esprit d’adversité dans le respect des règles et de l’humanité, et nous devons répandre l’esprit de solidarité. Alors, si l’acte de résistance était de s’installer aux terrasses des cafés, il l’est aussi en enfilant ses baskets pour courir tous ensemble.

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A lire aussi:

Fabrice: https://runonline.wordpress.com/2015/11/12/dust-le-desert-pour-tous/
Jean-Pierre: https://runreporterrun.wordpress.com/2015/11/12/dust-mon-premier-contact-avec-le-desert/
Sylvain: http://www.lepape-info.com/actualite/dust-2015-entre-sable-et-mer-une-nouvelle-experience-dans-le-sahara-marocain/

Crédits Photos: DUST & Greg Runner

5 commentaires

  1. Salut Greg,

    Super expérience, dans des conditions dantesques…
    Bravo pour cet exploit, vivement le prochain 😉
    Max

  2. Je pense que la course à pied et ce type format (4 jours tous ensemble dans le désert loin de tout) constituent une forme de « dénominateur commun » qui réunit assez facilement et sur la base d’une chose simple : partager un effort, chacun à notre niveau. Finalement, cela nous permet nous retrouver sur un socle commun là il serait peut-être plus difficile de le faire dans la vie de tous les jours. Le partage comme point de départ, ça peut sembler simpliste mais c’est efficace.

  3. Le DUST a l’air tellement dur ! Tes photos sont superbes et elles me donnerait presque envie de sortir des trails classiques pour aller fouler un peu de sable Marocain.

  4. Je viens enfin de tout lire sur ton DUST et je te dis bravo pour cette formidable aventure que tu as vécu. Oui oui, une aventure et non une course, trail ou autres. Un très grand respect pour avoir couru ces 3 jours dans le désert !
    Pour moi cela reste encore comme quelque chose d’inhumain 😉

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