CCC 2021: un ultra pas comme les autres! [Récit]

CCC 2021: Récit de course
CCC 2021: Récit de course

Invité par Garmin à participer à la CCC 2021, c’est avec une immense joie et une certaine excitation que je me retrouve en cette fin août 2021 sur la ligne de départ d’une des plus belles courses de trail de l’UTMB.

Tu peux retrouver la vidéo de l’édition 2021 de ma CCC sur ma chaîne Youtube ici.

Une prépa CCC 2021 non aboutie

Garmin avait fait les choses bien: dossard et voyage pris en charge, un coach, Adrien Tarenne, pour me préparer et, une Garmin Fénix 6 pour suivre ma préparation. Si la prépa commence plutôt bien jusqu’en juin, mon déménagement pour l’Auvergne en juillet me pris beaucoup de temps et d’énergie. Résultat, le jour de ma CCC 2021, j’ai réalisé moins de 200km de course et à peine 6000m de D+.

Mais je reste confiant. J’ai l’expérience, le mental. Je sais que je n’y vais pas pour y battre un record, ni améliorer mes 19h33 et ma 301ème place réalisés en 2015, mais je sais que je peux arriver au bout.

Le soir, tout mon matériel est prêt avec le Kit grand froid obligatoire, nécessaire pour affronter la nuit.

CCC 2021: Jour de Course

Enfin j’ai pu dormir. Plus de 6h. Youhou! Il faut dire que j’en enchaîné les courtes nuits depuis le début de la semaine. Etant insomniaque depuis tout petit, j’arrive pourtant à gérer mes nuits pour avoir mes heures de sommeil. Mais de temps en temps, rien y fait. Le sommeil ne veut pas de moi; et pas de bol, c’était la semaine de mon première dossard depuis le 1er confinement. Plus de 18 mois sans rien épingler!

Claire et Axelle de la Team Garmin nous accompagne Lisa, Seb et moi-même sur la ligne de départ à Courmayeur. Lisa début dans le 1er sas, moi dans le second. J’y rejoins deux amies, Florence et Julie, parmi les plus de 2000 coureurs.

CCC-2021-départ

CCC 2021: top départ

A 9h15, mon départ est donné. Il faut gérer entre ne pas partir trop vite pour éviter de se griller, mais ne par non plus avoir une allure d’escargot, au risque de bouchonner dès les premiers sentiers, quand les bouchons se créent entre la route et le sentier étroit.

J’arrive à gérer en gardant un œil sur le cardio. Au pied de la 1ère difficulté de l’épreuve, une montée de 1400m, je suis bien placé par rapport à ma forme du jour, et c’est fluide malgré la file indienne. Pendant tout la montée, je respire profondément et j’accélérer ma respiration si je vois le cardio montée. Objectif: créer le moins de fatigue possible en début de parcours.

Un hélicoptère opère non loin du parcours, brisant le silence du peloton concentré. On prend de la hauteur, la vue se dégage. Je profite de l’endroit pour m’en mettre plein les yeux. Ca fait longtemps que je n’ai pas profité de la haute montagne.

A l’approche du 1er checkpoint de cette CCC 2021, un supporter anglais encourage chacun des coureurs. Il crie tellement fort que ca fait 20 minutes que j’entends les encouragements. Ca fait parler et sourire dans le peloton. Chacun le remercie pour ses efforts.

J’arrive en moins de 2h à la tête de la Tronche, à la 583ème place.

CCC: quand j'arrive à la tête de la Tronche
CCC: quand j’arrive à la tête de la Tronche

Tête de la Tronche, jusqu’ici tout va bien.

Je poursuis ma CCC 2021. Ca descend, ça permet de courir. On se dirige vers Le Refuge de Bertone. En moins de 30 minutes, j’ai rejoins ce premier ravitaillement (542ème). Bien que ce ravitaillement soit à l’extérieur, on doit mettre le masque, Covid oblige. Je prends un peu d’eau, quelques bananes et oranges, et je repars.

J’analyse un peu la situation tout en marchant et en mangeant mes morceaux de banane. Je n’ai pas suffisamment bu, seulement 600ml sur 2h30 de course. J’aurai dû en boire plus du double. Je décide de ralentir un peu la cadence et de penser à m’hydrater plus régulièrement.

Je profite du paysage. Le ciel est dégagé, pas un nuage. Je dévore des yeux les paysages qui s’offrent à moi, avec notamment les Grandes Jorasses sur ma gauche. A trop regarder les alentours, je m’écarte du chemin et je manque de m’étaler. Je me rattrape et je fais un mouvement qui me fait mal au genou. Arf!

Vers le Refuge Bertone
Vers le Refuge Bertone

Sur les traces de l’UTMB

Les souvenirs de mon UTMB 2017 refont surface. Désormais, la CCC 2021 suit une partie du parcours de cette grand course, jusqu’à l’arrivée à Chamonix. Cette fois, le paysage est visible. Mais un vent froid souffle de face. Ca reste gérable grâce au soleil. Mais je fais d’autant plus attention à mon hydratation. Vent et soleil, c’est la meilleure manière de se dessécher sans s’en rendre compte!

Je reconnais parfaitement le parcours. J’ai l’impression que ça passe plus vite que dans mes souvenirs. On redescends déjà sur la ravito d’Arnouvaz. 4h22 de course et une 609ème place.

Je m’arrête pour prendre plusieurs fois de la soupe, mais aussi manger. Je prends mon temps. Repartir trop vite dès maintenant, peut entraîner un manque de jus pour la fin de la course. Je gère.

Vers Avournaz
Vers Avournaz

Arnouvaz, puis rien ne va plus!

Je ressors d’Arnouvaz pour attaquer la seconde partie la plus dure de l’épreuve. La montée vers le Grand Col Ferret. C’est 741m de dénivelé sur 4,6km. Il faut savoir gérer la difficulté pour ne pas trop s’entamer, sans pour autant s’endormir. Je sais faire, je la connais désormais très bien cette montée.

Mais justement, je m’endors, littéralement. Le sommeil s’empare de moi. Je lutte. L’envie de dormir est pesante. Je suis au ralenti. Tout est flou autour de moi. Mes jambes sont lourdes. Je réfléchis. Cela ne peut pas être une hypoglycémie; je bois de la boisson énergétique régulièrement, mange mes barres comme convenu, et je viens de me faire un festin à Arnouvaz.

La seule chose qui me vient à l’esprit, c’est ma dette de sommeil, à cause des mes insomnies de début de semaine. La seule chose évidente qui reste à faire, c’est de se poser et de faire une sieste. Rien ne sert de m’épuiser ainsi. Je me pose donc à l’abri du vent, face au soleil. Mon sac à dos me sert d’oreiller, ma casquette sur les yeux. J’entame une sieste. Pas d’alarme, je me réveillerai quand mon corps aurait retrouvé l’énergie dont il a besoin.

Une sieste et ça repart!

20 minutes plus tard, je me réveille et je me remets en route sur la CCC 2021. Ca va beaucoup mieux. Ce repos a été salvateur. J’enquille tranquillement la montée. Je ne me mets pas dans le rouge, je suis le peloton qui s’étire en file indienne. Arrivé au Grand Col Ferret (6h19 – 992ème), je ne m’attarde pas. Un vent glacial souffle, je me dépêche de redescendre pour ne pas attraper froid.

Ca descend pas mal, ca permet de relâcher les jambes. Forcément, avec toutes les places perdues, je me retrouve avec des plus lents qui font bouchonner. Mais comme je en suis pas là pour le podium, je suis jusqu’à trouver un moment pour doubler.

La sieste m’a vraiment fait du bien. Je me sens bien en je cours avec de bonnes sensations.

La Fouly, toujours à petites foulées

J’arrive à la Fouly avec le sourire (7h30 de course – 890ème). Je mange, je bois, je prends un café en prévention, je refais le plein et je repars sur ma CCC 2021. Je vois que Julien m’a appelé, je le rappelle en sortant du ravito. Il se posait des questions par rapport au ralentissement sur le Grand Col Ferret. J’appelle ensuite mon épouse pour la rassurer.

Les crampes se font sentir. Pas étonnant avec le manque d’entraînement. Mais j’ai l’habitude de gérer ça. Je prends de la Sporténine régulièrement et je me concentre sur ma foulée. Je pousse aussi beaucoup sur les bâtons, en permanence, tant sur les montées qu’en descente ou sur du plat. Ca allège les jambes.

Je traverse les villages suisses, toujours aussi magnifiques. Rien ne dépasse, tout est propre. Disneyland s’en ait sûrement inspiré pour faire ses décors féériques.

Le début de la fin

Arrivé au point le plus bas du parcours, il reste 400m de D+ pour arriver à Champex-Lac. C’est le point clé de la course. On est à mi-parcours de la CCC 2021, c’est une belle base de vie pour manger, s’hydrater, et se préparer à affronter la nuit. Sauf que pour moi, dans cette montée, j’ai à nouveau un gros coup de barre. Je lutte. Je ne vais pas faire une seconde sieste tout de même; tout de même, je suis là pour courir!

Je lutte. Ma vision se rétrécie. Je ne vois que mes pieds sur le chemin. Mes jambes font de plus petites foulées, mes bras poussent moins sur les bâtons. J’ai même l’impression que mes bâtons m’empêchent de m’étaler sur le sol tant je ploie sous la fatigue.

Je prends deux pâtes de fruits, histoire de booster mon organisme. Mais rien y fait. L’évidence commence à germer dans mon esprit. Est-il bien raisonnable d’affronter la nuit et le froid dans ces circonstances?

Champex-Lac: terminus!

J’arrive à Champex complètement lessivé, arpsè 9h47 de course (900ème). J’ai l’impression d’avoir passé une nuit sans dormir. Sauf que la nuit n’a pas encore commencé. Je ne me sens pas de poursuivre dans ces conditions à ce moment-là. Mais je ne veux pas prendre de décision trop hâtive.

J’appelle ma femme puis ma tante, toujours de bon conseil. Cela me permet d’avoir une vision objective sur mon état et de prendre la bonne décision. Clairement, le manque de sommeil et le manque d’entraînement pèse lourd dans la balance. Après plus de 30 minutes de réflexion, je rends mon dossard, j’abandonne pour ma seconde CCC.

Je me couvre et je prends la navette pour rentrer à Chamonix. Je profiterai d’une bonne nuit de sommeil et je me rendrai sur la ligne d’arrivée pour encourager les amis.

Une telle décision n’est pas facile à prendre. Car c’est une course de rêve. Mais comme je le dis souvent, en course à pied, on ne triche pas. Tu as beaux avoir fait des magnifiques ultra, d’avoir de l’expérience, sans entraînement et sans tes pleine capacités, il est difficile d’aller au bout.

C’est une leçon qui se rappelle à moi, on a rien sans rien.

Il ne me reste plus qu’à récupérer, avec mon pistolet de massage et mon Compex, avant de reprendre sérieusement l’entraînement.

Remerciements

Je remercie Garmin de m’avoir invité sur ce magnifique événement et dans de magnifiques conditions. Merci beaucoup à la Team Garmin pour leur soutien, leur gentillesse et leur serviabilité. Je crois que cette team à dormi 10 fois moins que moi pendant le séjour.

Merci à ma femme, mes enfants et ma famille, toujours là pour m’encourager, me soutenir et trouver les bons mots.

La vidéo de ma CCC 2021

Je vous fais vivre ma CCC 2021 de l’intérieur.

2 commentaires

  1. Noté 4 sur 5

    Très joli récit, sincère et qui me rappelle ces sensations particulières du bout de l’effort.

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