Marathon d’Ibiza: beau mais difficile

Marathon d'Ibiza 2018

Il y a plusieurs mois, quand on m’a proposé de participer au Marathon d’Ibiza, je ne pouvais pas refuser, même si il se déroulait le jour du Marathon de Paris. Je n’ai pas été déçu.

Présentation du Marathon d’Ibiza

Lieu: Ibiza (Espagne)
Courses: 42,195km (700 coureurs) et 12km (2500 coureurs)
Profil du marathon: première moitié en montée, puis descente sur la seconde portion. Passage très nature, mais toujours sur bitume. Par une boucle mais un parcours d’un point A à un point B. Dénivelé de 402m (non certifié).
Organisation: départ et arrivée distants de 15km. Possibilité de les rallier en bus (30 min). Navette de retour proposée gratuitement aux coureurs à l’arrivée. Départ à 16h.
Animation: de nombreuses animations bordent le parcours.
Spectateurs: Nombreux sur les points stratégiques de la course (villes) mais le parcours passe par des zones très désertées, notamment en campagne.
Note du Marathon: 4,5/5

Ibiza, nous voilà!

Vendredi 6 avril, je me rends à l’aéroport d’Orly. Non sans mal: les gars de la SNCF font une nouvelle fois grève pour défendre leur prime charbon. Ce sera donc avec Uber que je terminerai mon trajet.

Je retrouve devant le comptoir d’enregistrement Charly Tracks. Rien de surprenant: il est le gagnant d’un des deux dossards que je faisais gagné en novembre dernier sur mon compte Facebook et sur Instagram. Je ne le connais pas trop, mais on va du coup apprendre à se connaître sur ce marathon.

A partir d’Orly, tout est est rapide: 2h d’avion, puis 10 minutes pour rejoindre l’hôtel, face à la mer. Il fait beau, il fait (presque) chaud. Avec Charly, nous profitons de l’après-midi pour visiter la ville forte, nichée sur une colline surplombant la ville, le port d’Eivissa et la mer. La vue y est magnifique!

Puis nous décidons de nous rendre au village de la course, qui se trouve à une quinzaine de kilomètres. Le départ du marathon a lieu au port d’Eivissa, mais l’arrivée est à Santa Eulària des Riù. Pour cela, nous empruntons le bus qui nous y amène en une trentaine de minutes. Nous y retirons notre dossard, le t-shirt de la course et un sac de goodies de partenaires bien fourni.

 

T-shirt super léger Gore Wear et le short assorti,
les dernières chaussures running d’Altra, les Duo,
les lunettes solaire Julbo Aero (version UTMB, héhé!)
et bien sûr mon dossard 740.

Je prends un petit déjeuner pas trop copieux puis je file dans ma chambre d’hôtel pour faire une petite sieste avant de me préparer. Côté tenue, ce sera du light: vêtements Gore, une ceinture avec deux gourdes de 250ml et 2 gels, manchons, casquette et mes Altra Duo.

Nous quittons nos hôtels 1h15 avant l’heure du départ. Moins de 20 minutes de marche plus tard, nous sommes sur le lieu du départ. 700 coureurs sont attendus. Le soleil est haut dans le ciel et il fait chaud. Nous étalons sur notre visage et notre cou de la crème solaire avant de laisser nos sacs à l’organisation. Ils seront transportés à l’arrivée.

Nous entrons dans notre sas (moins de 3h30) une dizaine de minutes avant le coup de feu. Charly vise un chrono de 3h40, moi je compte partir sur mon tempo 100km soit 3h30.

 

Marathon d’Ibiza: c’est parti pour la seconde édition!

A 16h, nous nous élançons sur la première ligne droite du parcours. Nous longeons le port. L’allure est un peu rapide, car nous sommes pris par l’euphorie de la fête.

Nous discutons avec un français, Benoît. Comme prévu,Charly ralentit la cadence et s’éloigne progressivement derrière moi. Je poursuis ma route avec Benoît qui vise un chrono entre 3h15 et 3h30 pour son premier marathon. Comme toujours sur cette distance, je mets trois kilomètres pour réguler mon allure à 5min/km (l’allure visée sur 100km est plutôt 5min06/km).

Rencontre de Benoît

Je cours avec Benoît et nous discutons. Habituellement, je suis plutôt concentré sur le début de parcours. Le manque de concentration peut induire des erreurs que se paient plus tard. Du coup, tout en discutant, je reste vigilant sur le fait de tenir le parcours à la corde (il y a de nombreux virages) afin de ne pas prolonger la distance.

Je fais également attention à mon allure, ainsi que mon cardio. Car même si je respecte mon allure, avec le dénivelé qu’il y a sur le parcours, mon cardio peut vite monter et ça aussi, je le paierai sur la fin du parcours. Je sais que la première moitié du parcours est assez grimpante, mais on est loin des 250m de dénivelé que j’avais estimés, on est plutôt à 402m de dénivelé, et ce n’est pas rien sur un marathon…

Enfin, la dernière chose à prendre en compte est la chaleur. On ne s’en pas toujours compte à cause du vent, mais le soleil cogne. Du coup, je m’asperge régulièrement avec de l’eau. A un ravitaillement, je profiterai d’une éponge pour la glisser dans le t-shirt au niveau de la nuque. L’effet rafraîchissant sera incroyable!

Première boucle de 6km pour se lancer

Sur le parcours, nous fermons une première boucle au bout de 6km avant d’attaquer le « dénivelé ». A partir de là, je gère l’allure. Parfois Benoît part devant et je résiste pour ne pas le suivre. C’est lui qui, du coup, revient à mon allure. Je profite aussi des paysages campagnards que nous traversons. Il y a de nombreuses animations: un orchestre pas-ci, des jeunes pom-pom girls pleines d’énergie par-là, que nous retrouvons d’ailleurs à différents points, des échassiers qui régulent la circulation, des salariés de Décathlon qui agitent leur bannière… Les supporters aussi sont mobiles. On finit par les reconnaître et par échanger avec eux le temps d’un passage. Il y a beaucoup de français.

Mi-parcours pile dans les temps!

On approche de la moitié du parcours. On s’est tapé quelques belles petites côtes et le fait de savoir qu’on va bientôt redescendre fait du bien au moral. Santa Gertrudis marque la moitié du parcours. Le village est en fête, avec des spectateurs pleins d’énergie pour nous encourager. On passe le semi en 1h45min00sec, un vrai métronome!

Il reste encore une bonne côtelette à dévorer pour arriver au point culminant du parcours. A partir de là, il reste à peine quelques tapes-culs avant d’utiliser le toboggan vers l’arrivée.

Oui, mais voilà, Benoît annonce qu’il commence à avoir les jambes un peu lourdes au KM23. Je ne lui dis rien, mais je sais que ce sont des signes avant-coureurs (tiens, marrant cette expression en plein récit de marathon) sur la difficulté de finir le marathon en temps voulu.

KM24, Benoît me dit qu’il s’arrête. Comme je ne suis pas venu non plus pour faire une perf, je lui dis que je lui laisse le temps de soulager ma vessie pour se reposer, mais qu’ensuite, on repartirait ensemble. On repart donc ensemble, chacun avec quelques millilitres de liquide en moins.

Malgré cet allègement, Benoît peine a reprendre le rythme. Je suis devant, je ralentis en pensant qu’il va me rattraper, mais non. Cela dure ainsi jusqu’au 28ème kilomètre. Je décide alors à ce moment là de continuer ma course. Car à ce rythme là, c’est moi qui risque de m’épuiser.

Suite de l’aventure marathon en solo

Je lâche progressivement les chevaux. Je me sens bien, la première partie a été assez bien gérée, je suis frais. De plus, la température se rafraîchit avec le jour qui décline et l’approche de la côte. Et surtout, ça descend!

Le KM31 permet de passer par la ville d’arrivée et d’y découvrir toute son euphorie. Quelques minutes plus tôt s’y étaient élancés les 2500 coureurs du 12km, et les spectateurs profitent du passage des marathoniens pour donner de la voix. Un peu plus loin, au KM32, on croise ces coureurs du 12km. J’aperçois même un marathonien arrêté net par une crampe. Je l’encourage par un « Vamos » quand je le croise.

Dernière boucle de 10km

Quand nous quittons les coureurs du 12km, nous avons une boucle de 5km à réaliser avant de réaliser ce même chemin dans l’autre sens. Nous passons par un quartier urbain animé, avec des DJ’s pour mettre l’ambiance et des Gogo danceuses à d’autres endroits. L’ambiance contraste avec l’univers du marathon. Des marathoniens commencent à lâcher. Certains s’arrêtent pour repartir quelques secondes après. D’autres marchent. Moi, j’ai encore du jus, du coup, je continue sur une allure comprise entre 4min30 et 4min45 au kilo.

KM37, je ferme la dernière boucle du parcours et je croise des marathoniens à contresens, ceux qui sont sur le papier derrière moi. Je scrute ces coureurs, tentant d’apercevoir Benoît ou Charly. Mais je me dis qu’ils sont surement déjà passés et qu’ils ne doivent pas être loin derrière moi. Je tape dans la main d’un Spidermarathonien tout en poursuivant. Je reviens sur une meneuse d’allure 3h15, qui  a sûrement explosé. Elle est seule mais elle ne perd pas le sourire en m’encourageant à mon passage.

Dernière ligne droite en bord de mer

La fin de la course est proche, il me reste moins de 1,5km. Je décide d’accélérer encore. J’arrive sur le port et je me fais encourager dès que je croise quelqu’un. Puis j’arrive à la promenade de bord de mer de Sante Eularia. L’arrivée est à l’autre bout. J’augmente encore la cadence. Les spectateurs sont nombreux à m’encourager, il y a une ambiance de fou!

7ème marathon à mon palmarès

Je franchis l’arche bleue marquant l’arrivée du Marathon d’Ibiza 2018 après 3h26min63sec, en 57ème position. Un beau negativ split! Et une belle course, c’est sûr. Le Marathon d’Ibiza est mon 7ème marathon après 3 marathons de Paris (2011, 2012 et 2016), le marathon des Villages en 2012, le marathon de Bordeaux en 2015 et le marathon de Prague en 2017.

Je récupère ma médaille et des bénévoles m’enroulent dans une couverture de survie. J’ai soudainement un coup de barre et je m’allonge donc sur un banc. J’ai froid, j’ai faim. Je récupère une bouteille d’eau que je bois tout en mangeant bananes et quartier d’orange. Je retourne sur la ligne d’arrivée, afin d’apercevoir Charly, qui m’annonçait 3h40, mais à 3h45 de course, ne l’apercevant toujours pas, je décide de retourner profiter de l’incroyable buffet d’arrivée: dattes, noix, salades de pâtes, pizza, riz, galette de pomme de terre… Il y en a pour tous les goûts!

A la recherche des amis

Je fais mon petit mélange de récup’ avant de m’installer à un comptoir placé juste après la ligne d’arrivée pour attendre Charly, tout en mangeant. Mais c’est finalement Benoît que j’aperçois et que j’interpelle. Pour ce néo-marathonien, ce fut dur, mais il ne s’en sort pas trop mal: 4h06. Et c’est là qu’il m’apprend que Charly est encore assez loin.

Je décide donc de récupérer mon sac pour pouvoir m’habiller plus chaudement. La tombée de la nuit, combinée au vent froid de la mer me fait grelotter.

Le sac retiré, je m’empresse de me couvrir puis je retrouve Benoît au coin buffet. On peut alors échanger sur son exploit. Après plusieurs minutes, Charly m’appelle enfin; il vient d’arriver. Je file le récupérer sur la ligne. Pour lui, ce sera 4h46 de course.

On profite du buffet tous les trois et on refait la course. Nous trinquons l’achèvement de ce magnifique marathon avec une bonne bière remise par l’organisation.

Nous décidons d’immortaliser ce moment par une photo sur le podium avant de nous séparer. Benoît profitera des kiné pour se faire masser tandis que Charly et moi emprunterons le bus mis à disposition des coureurs pour retourner sur la ligne de départ, et ainsi profiter d’une douche et d’une bonne nuit de sommeil.

 

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Mais que fait Charly?

Quand moi, vous vous êtes sans doute posé la question « mais qu’a foutu Charly? »! Et bien la réponse est en vidéo, sur sa chaîne youtube:

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