Marathon des Sables: dernière étape!

Marathon des Sables: dernière étape!
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Derniers paysages du MDS

Ce dernier jour d’étape est une distance mythique: le marathon soit 42,2km dans le désert. Et une pierre à ajouter à mon palmarès…

Deux départs pour la distance marathon

Comme pour la course longue, il y a un départ différé. Sur l’étape longue du marathon des sables, les 50 premiers du classement général avaient un départ différé de 3 heures.

Pour le marathon, ce sont les 150 premiers qui partent sur la seconde vague 3h plus tard. Pas de bol, je suis 116ème. Pas de bol car les coureurs de la première vague peuvent profiter de la fraicheur matinale car ils partent à 7h. Nous, dans la seconde vague, nous partons donc à 10h, à l’heure où le soleil commence à bien chauffer…

Dans la tente, Sylvain aussi part avec moi sur la seconde vague. Ca me permettra de ne pas me sentir seul pendant les 3 h d’attente.

A l’assaut de l’Otfal

Le lendemain, Sylvain et moi laissons les copains filer et nous nous préparons. Sylvain m’aide à faire mes pansements aux pieds pour couvrir mes cloques et ainsi éviter les frottements dans mes chaussures.

Notre tente est démontée, seules quelques tentes sont laissées à la disposition des coureurs. Nous migrons vers une de ces tentes et en profitons pour nous reposer. L’attente est longue…

A 20 minutes du départ, nous sortons de la tente pour nous rendre sur la zone de départ. 150 coureurs nous suivent. L’ambiance est plus feutrée.

La tension se ressent. Nous savons que les 1ers concurrents de la 1ère vague vont tout faire pour gagner des places et nous mettent la pression. Dans notre vague, chacun des coureurs est prêt à en découdre pour grappiller également quelques places dans le classement.

Départ pour l’épreuve marathon

Le départ est donné rapidement par Patrick Bauer. Comme nous nous y attendions, le départ est rapide. Les 6 premiers kilomètres sont largement courus sous les 6min/km. J’essaie de tempérer mais je sais qu’il faut arriver bien placé sur le premier obstacle de l’épreuve: l’Otfal.

L’Otfal est une barre rocheuse qu’il faut grimper via une voie sableuse sur plus de 300m de dénivelé. Je suis plutôt bien placé quand j’attaque ce morceau et je me mets dans les pas de mon prédécesseur.

L’ascension sableuse est coupée par une partie rocheuse, que nous escaladons presque. Soudain, des cris se font entendre au dessus de moi. Une grosse pierre vient de se détachée et rebondit entre les coureurs qui s’écartent tant bien que mal de la trajectoire du projectile. Le silence se fait, chaque concurrent scrutant les rebonds de ce gros caillou menaçant. Il finit par s’arrêter dans le sable sans blesser qui que ce soit et nous poursuivons notre ascension.

Il fait chaud, mon souffle est court, mais je poursuis. Une corde est accrochée en dernière partie pour nous aider à avancer. Quand soudain, le paysage se dessine en haut du col, offrant un tableau magnifique. Je prends le temps de contempler ce spectacle avant de m’élancer sur la descente.

La descente est technique et je double les concurrents qui ne sont pas à l’aise sur ce terrain. Cela permet de leur prendre quelques secondes au classement. Au fur et à mesure de la perte d’altitude, le vent se fait plus rare, et la chaleur plus pesante. Je sais que mon organisme va se mettre au ralenti.

Après une traversée de quelques dunes au pied de l’Otfal, nous arrivons au premier checkpoint. J’en profite pour recharger rapidement mes flasques avant de m’élancer à nouveau.

Une ligne droite de 10km

Le second tronçon du parcours est une longue ligne droite de plus de 10km. Le checkpoint se devine au loin, au creux d’une faille dans la barre rocheuse qui se dresse au loin.

Le soleil chauffe, mais le vent souffle, ce qui rend l’avancée plus agréable. Nous commençons à doubler les derniers de la première vague et je les encourage dès que je double. Eux se mettent parfois sur le côté pour nous laisser passer et nous applaudir.

J’avance à un bon rythme. Peut-être trop rapide. Je sais que la fin est moins roulante et je décide de lever un peu le pied. Sur notre trajet, nous traversons un plateau rocailleux, qui brise la monotonie du parcours.

Tout en courant, je regarde autour de moi pour m’imprégner des lieux, du décor. Car je pense déjà à emmener tout ces paysages avec moi, dans la tête, dans le cœur.

A l’approche du second CP, je ressens une gêne sous le pied. Sans doute le bandage qui doit rouler ou se décoller. Je décide d’accélérer pour pouvoir m’arrêter au point médical et refaire le pansement.

Quand le parcours se corse

Au CP, je prends mes deux bouteilles d’eau et je vais à la rencontre d’une « soigneuse ». Je m’installe et j’enlève mes chaussures pour lui montrer ma voûte plantaire. Fausse alerte, tout est ok. C’est con d’avoir perdu du temps pour rien. Je m’inquiète du coup; le pansement va-t-il me faire une nouvelle cloque sous le pied. Cela rendrait la fin du parcours assez difficile…

Je remplis mes gourdes, je bois plusieurs gorgées et je m’asperge avant de repartir.

Il est toujours difficile de se relancer, parce que les pieds font mal, parce que les jambes fatiguent. Mais une fois le rythme retrouvé, mieux vaut ne plus s’arrêter.

En ressortant de la faille rocheuse, un nouveau plateau s’offre à nous, un nouveau paysage. Sur la droite, un troupeau de dromadaire dessinent des ombres chinoises sur la crête. J’entends certains d’entre eux grogner.

Nous traversons un lac asséché, ce qui donne toujours un décor de science fiction. On enchaîne ensuite le passage de barres rocheuses bien casse pattes. J’en profite pour m’hydrater et manger une barre énergétique avant de passer des les dunes.

J’arrive au CP 3 du 32ème km un peu cassé, mais l’arrivée est toute proche. Je cours sur la faux plat qui amène au Jebel Mhadid Al Elahau avant de débuter son ascension. C’est sablonneux, je marche donc.

Le sable laisse ensuite place à de la roche mais la pente à 13% et le manque d’air m’empêche de progresser rapidement. Une fois sur la crête, je peine à relancer. J’alterne des portions courtes de course à pied et de marche.

Soudain, le bivouac est en vue, loin en contrebas. Il reste 6km. C’est loin d’être gagné. Ce n’est que du sable mou jusqu’à l’arrivée!

La dernière portion de 2 km est cette fois toujours composée de sable mais avec une sorte de croute sableuse sur le dessus. On s’enfonce, mais il y a de la matière pour relancer chaque foulée. Je puise au fond de moi et je me lance pour le sprint final.

L’arrivée est grandiose, il y a du monde sur la ligne d’arrivée. C’est géant! Patrick Bauer ma tend la médaille et me l’installe au tour du cou. Je suis finisher du Marathon des Sables 2019. 108ème place et 31h06 au classement général. Cela a peu d’importance, je suis juste heureux de ce que je viens d’accomplir.

La surprise de la tente 114

Quand j’arrive à la tente, seul Sylvain manque à l’appel. Je m’écroule sur le tapis. Vincent me demande avec son petit sourire inquiet et malicieux si j’ai enlevé le caillou de mon sac. Je rigole puis vérifie. Il avait glissé une pierre de 609 grammes dans mon sac pour faire une blague(vérifié en rentrant à la maison) et avait tout simplement oublié de me le dire en partant dans la 1ère vague ce matin… Toute la tente, moi compris, rigolerons de cette blague, assez lourde, je dois bien l’avouer…

La vidéo de l’étape 5 du marathon de Sables

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2 commentaires

  1. François Drouin

    Encore félicitations pour ta course Greg ! J’ai tout lu et tout regardé et pour ça, un gros MERCI. Je te suis depuis 2011 et j’aime toujours le partage de tes expériences. Bon repos et bonne continuation en 2019

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