Marathon des Sables: étape (très) longue – étape 4

Marathon des Sables: étape (très) longue – étape 4
5 (100%) 2 vote[s]
MDS: étape longue
MDS: étape longue

La 4ème étape du MDS est très attendue par les concurrent puisqu’il s’agit de l’étape la plus longue de la course: 76km.

Une appréhension dans le bivouac avant le départ

L’étape longue apportait beaucoup d’appréhension chez les coureurs. Il faut dire que les organisateurs ont annoncé que le parcours était difficile.

Ainsi, si tout le monde est heureux de pouvoir assister à la 4ème étape du Marathon des Sables, c’est prudemment qu’ils s’élancent sur le parcours.

Pour ma part, je sais que je vais souffrir. Aussi, je décide de courir tranquillement et d’avancer temps que je peux. Après avoir traversé des dunettes, nous passons par un lac asséché assez lunaire.

Je cours cette partie avec Christophe ce qui est sympa. Après avoir traverser un village, nous passons par un col. Nous y retrouvons nos compagnons de chambrée Sylvain et Sébastien. Nous faisons un bout de route ensemble…

Le premier CP me permet de recharger deux de mes flasques avant de repartir, toujours en courant. Christophe me ramassera deux de mes barres énergétiques tombées de mon sac. Je le remercie car les rations sont comptées.

Les kilomètres s’enchainent rapidement, je suis content car nous avançons bien. Soudain, je suis arrêté net pas une piqûre dans le pied. Une épine d’acacia vient de traverser ma chaussure et me pique à chaque foulée.

Je m’arrête et j’essaie de l’enlever, ce qui n’est pas facile. J’arrive après plusieurs minute à la retirer, après avoir enlevé ma semelle de propreté et l’avoir repoussée avec un caillou. J’en arriverai à bout avec les dents…

Descente aux enfers

Après 22km de course, on entre dans les dunes. La course se fait moins rapide, et il se met à faire très chaud. Il est midi. Le soleil cogne. Je pense à l’hymne de la course qui est jouée avant chaque départ: Highway to Hell.

L’objectif est simple avancer en marchant rapidement, pour ne pas faire trop monter ma température corporelle mais tout en essayant d’avancer.

Le parcours est ainsi pendant 20km, entrecoupé par des roches sablonneuses a escaladé. A chaque km, je m’enfonce un peu plus dans une descente aux enfers. Le CP 3 au 38ème km me permet de m’arrêter pour prendre le frais à l’ombre d’une tente. J’en profite pour voir un médecin car un orteil du pied gauche me fait souffrir et m’empêche de marcher correctement, et encore moins marcher…

MDS des paysages à couper le souffle
MDS des paysages à couper le souffle

Quand j’enlève la chaussure, je découvre une énorme ampoule qui fait le tour de mon petit orteil. Quand le médecin l’entaille, la pression diminue et me soulage aussitôt.

Je repars néanmoins tant bien que mal, cette fois-ci avec une bouteille d’eau à la main. Car j’étais un peu juste au niveau des réserves hydriques avant d’arriver au checkpoint.

En marchant, je mets effectivement plus de temps pour relier les CP. Mon besoin en boissons augmente donc, surtout avec la chaleur.

C’est de plus en plus dur. Je suis tout seul avec des concurrents assez éloignés tant devant que derrière. Je pense à ma famille, essayant de ne pas partir en sanglot.

Il faut que je ressors de ce gouffre. Je vois alors des sortes de melons du désert que je décide de filmer. Eric de Terre d’Aventure me double à ce moment là et m’informe qu’il s’agit de fruits du désert.

Je profite de l’opportunité pour le rattraper et discuter avec lui. Nous avançons à un bon rythme tout en discutant. Cela fait passer plus rapidement les kilomètres et surtout de me sortir d’un mental digne d’un dépressif.

On avance ainsi à 6km/h jusqu’au CP 4 qui marque les 2/3 du parcours: 50km.

Un dernier tiers de parcours de résurrection

Le temps se gâte. Une tempête sévit sur le CP. J’en profite pour préparer mes rations pour la prochaine section et pour me masser les jambes avec du Baume du Tigre. Je rencontre également Seb qui décide de se préparer un taboulé- viande séchée.

Nous repartons ensemble. La chaleur ayant été soufflé par la tempête, il fait plus frais, je revis. Nous courons d’abord lentement pour dérouiller les muscles et les articulations puis à une allure soutenue.

Le parcours emprunte le lit d’une rivière asséchée, assez sablonneuse. Seb nous trouve un chemin un peu plus loin, tout juste emprunté par les marocains. On court.

Le soleil commence à flirter avec l’horizon. Le CP5 nous permet de faire un ravitaillement rapide et de boire un verre de thé.

Etape 3 dans le desert
Etape 3 dans le desert

Les bénévoles nous indiquent qu’il faut allumer notre bâton fluorescent et l’accrocher à notre sac avant de repartir. Quelques minutes après avoir quitté le bivouac et avoir vu le soleil se coucher, nous allumons nos frontales.

Seb et moi sommes sur un bonne dynamique. On se motive l’un l’autre pour se relancer mutuellement.

Pour s’orienter, des bâtons lumineux sont placés régulièrement. Mais cette nouvelle méthode pour s’orienter nécessite de s’y faire un peu car souvent, nous nous trompons de chemin.

Finalement, nous arrivons à nous y faire et nous avançons à une allure régulière. Les étoiles et la lune éclairent le ciel. Nous profitons de ce spectacle grandiose.

Nous traversons une petite rivière avant d’entamer l’ascension d’une longue dune avec es portions de pente à 15%. Nous la gravissons non sans mal avant de nous laisser descendre vers le dernier CP.

Il reste tout juste 5km avant l’arrivée. La nuit étant tombée, le vent ne souffle plus. Il fait limite chaud et je transpire pas mal. Je continue de boire régulièrement.

Sébastien et moi savons que nous allons arriver au bout et nous sommes impatients de franchir l’arche.

Elle apparaît à 2km avant la fin. 2km interminables. Nous franchissons la ligne ensemble, euphoriques, après 12h30 de course.

Il ne nous reste plus qu’à retrouver notre tente, à l’aménager, et à préparer notre repas, avant de profiter d’une bonne nuit.

Nous sommes quatre de notre tente à finir dans la même heure. Pascal nous retrouvera vers une heure du matin. Quand à Patrick, nous ne le reverrons plus. Il a abandonné au CP4. La nouvelle de cet abandon au petit matin nous attriste. C’est une aventure humaine, et bien que la course soit individuelle, l’esprit de communauté est forte.

Pour réaliser cette étape, la barrière horaire est de 31 heures. Aussi, le jour suivant, des concurrent s arrivent encore. Il s’agit d’un jour off pour ceux arriver plus tôt. Nous en profitons pour nous reposer et nous préparer au mieux à la dernière étape de 42, 2km du lendemain, l’épreuve marathon.

La vidéo de l’étape longue du MDS

15% de réduction sur les nouveautés avec le code IRUN15

A lire aussi:

7 commentaires

  1. bravo à toi, la longue, épreuve très dure, aller, juste un marathon et tu seras fisnischer

  2. François Drouin

    Wow !!! Chapeau Greg !!! Faut être fort pour passer à travers une étape comme celle la . Encore une fois, merci pour ton partage. Le vidéo est très beau.

  3. Avant tout, un grand bravo pour cette performance. Je suis admiratif et bien qu’assez éloigné de ces distances et surtout de ces conditions de course, le Marathon Des Sables me fait profondément rêver.

    Comment prépares-tu une telle course ?

Laisser un commentaire