Récits de Course

MDS 2021: jusqu’au bout de l’enfer!

Le 15 octobre 2021 , mis à jour le 19 mars 2025 , 16 commentaires — trail - 23 minutes de lecture
MDS 2021: jusqu'au bout de l'enfer!

Le MDS 2021 aura fait parlĂ© de lui. ConsidĂ©rĂ© comme l’une des courses les plus dures du monde, le marathon des Sables est aussi promu comme un course qui ne connait que 5% d’abandons. Mais pas pour cette 35ème Ă©dition…

Mon film MDS

Le MDS 2021: une aventure humaine hors norme

Pour cette 35ème Ă©dition, plus de 650 coureurs provenant de 40 pays se sont retrouvĂ©s dans le dĂ©sert marocain pour dĂ©couvrir leurs limites. La mixitĂ© est grande, mais toutes les diffĂ©rences s’effacent sous le dossard, avec la mĂŞme question qui revient: irai-je jusqu’au bout?

Pour moi, pas de doute. Après ma première participation au marathon des sables en 2019, je sais qu’aller au bout ne devrait pas ĂŞtre trop dur; il faudra juste gĂ©rer pour ĂŞtre en forme pour l’Ă©tape longue…

Après une longue journĂ©e de transport comprenant train, avion et bus, j’arrive au bivouac pour dĂ©couvrir les membres de ma tente. Nous sommes sept sous la mĂŞme toile noire, Ă  partager nos prochaines nuits sur un simple tapis posĂ© Ă  mĂŞme le sol. Mick, le breton tatouĂ©; Max, le retraitĂ© au passif sportif impressionnant, Guillaume, l’entrepreneur venu dĂ©couvrir les dunes de Merzouga, Seb, rĂ©dacteur pour Trail-Session, Florian, journaliste pour L’Equipe et Alain, le minimaliste.

Notre tente hĂ©tĂ©roclite regarde les allers et retours d’Alain. Nous comprenons qu’il est venu avec un sac pratiquement vide. Il a 24 heures pour trouver tout le matĂ©riel obligatoire et nĂ©cessaire pour participer au MDS 2021, en plein milieu du dĂ©sert… Outre cette approche minimaliste, il compte bien rĂ©aliser les 250km de la course en… tongs!

Il n’est pas le seul Ă  s’ĂŞtre imposĂ© de dĂ©fis fous: on retrouve Loury, aventurier, qui compte rĂ©aliser ce MDS pieds nus. Ou encore, Nicolas qui sera chaussĂ© d’espadrilles. Il y a aussi Olivier qui court avec l’objectif de produire 0 dĂ©chet; Katia, qui court pour sa fille trisomique; Christian, qui participe Ă  son 33ème MDS; et Amy, amputĂ© d’une jambe et la première personne amputĂ©e Ă  terminer le MDS, en 2019…

Bref, des dizaines et des dizaines de coureurs/coureuses sont venus pour une raison qui leur est propre. Et chacun contribuera Ă  la richesse de ce bivouac.

Départ du MDS 2021
Le départ du MDS 2021 approche

J-1: Jour de contrĂ´le pour le MDS 2021

La veille du dĂ©part, les coureurs ont rendez-vous avec les commissaires de course. Avant de rĂ©cupĂ©rer leur dossard, le matĂ©riel obligatoire du MDS est contrĂ´lĂ©, ainsi que le poids du sac, l’ECG rĂ©alisĂ© prĂ©alablement chez le cardiologue, et le certificat mĂ©dical du mĂ©decin.

ForcĂ©ment, Alain prend 200€ d’amende, 2h de pĂ©nalitĂ©s et le droit de passer un ECG au service mĂ©dical. Mick quand Ă  lui, prend 200€ d’amende et 1h de pĂ©nalitĂ© pour des documents mĂ©dicaux non conformes. Pour le reste de la tente, tout passe nickel.

Pour ma part, je découvre le poids de mon sac: 9,5kg. Beaucoup trop lourd! Mais il faudra faire avec..

Le staff fixe ma balise GPS sur mon sac et me remet le tant attendu Roadbook. Pas de surprise, sauf pour l’Ă©tape longue. Ce sera l’Ă©tape mystère: toutes les infos seront donnĂ©es la veille de cette course. Les pronostics sur cette Ă©tape vont bon train sur le bivouac, on parle mĂŞme d’un 100 bornes!

Avec Patrick Bauer, quel plaisir de pouvoir enfin prendre le départ de cette 35ème édition!
Avec Patrick Bauer, quel plaisir de pouvoir enfin prendre le départ de cette 35ème édition!

Le reste de la journĂ©e sert Ă  affiner sa prĂ©pa, prendre ses repères, Ă©changer et apprendre Ă  se connaĂ®tre. On profite des derniers repas fournis par l’organisation avant d’attaquer les lyophilisĂ©s.

Le bivouac est Ă  heure GMT, soit 2 heures de moins que l’heure française. Le soleil se couche tĂ´t. Le bivouac suit. A 21h, presque tout le monde dort…

MDS 2021: c’est parti!

La fleur au fusil

Au départ du MDS 2021
Au départ du MDS 2021

Le jour J, c’est l’effervescence. Ca y est, on y est! Après trois reports, le MDS 2021 a enfin lieu pour fĂŞter sa 35ème Ă©dition. Sur la ligne de dĂ©part, Patrick Bauer et le traducteur Guillaume, debouts sur le toit du 4×4 pour le premier briefing, ne cachent pas leur Ă©motion.

Dans le peloton aussi, les sourires se perçoivent Ă  travers les masques portĂ©s dans le cadre de lutte contre la Covid. Highway to the Hell rĂ©sonnent enfin dans le dĂ©sert marocain et donne le dĂ©part. Les 650 concurrents peuvent enfin s’Ă©lancer. Moi, je suis Ă©mu et tout simplement content d’ĂŞtre lĂ , prĂŞt Ă  en dĂ©coudre. PrĂŞt aussi Ă  faire mieux qu’en 2019…

Dès les premières foulĂ©es pour cette Ă©tape de 32,2km, le sac se fait ressentir sur les Ă©paules, sur les foulĂ©es. Il faut trouver son rythme. J’essaie de trouver ma cadence, de ne pas partir trop vite. Bref, j’essaie de gĂ©rer.

Les premiers dunettes apparaissent. Ca y est, on y est. Le marathon des sables est lancé.

Premières souffrances

MDS 2021: une chaleur accablante
Progressivement, un paramètre non négligeable va apparaître: la chaleur

Progressivement, un paramètre non nĂ©gligeable va apparaĂ®tre: la chaleur extrĂŞme. Il fait chaud. De plus en plus chaud. Le soleil cogne. La tempĂ©rature monte. Le vent du sud se rĂ©veille, soufflant un air chaud permanent. A partir du 1er CP, l’euphorie du dĂ©part Ă  disparu. Les coureurs sont entrĂ©s dans leur bulle pour Ă©couter leur corps, comprendre comment il rĂ©agit dans ce milieu extrĂŞme.

Moi, j’ai arrĂŞtĂ© de courir. Je ne veux pas me cramer dès le dĂ©part. Ma marche est rapide et dĂ©terminĂ©e. Par contre, si je marche, c’est pour avancer. Je ne m’octroie pas de temps de pause, ni de rĂ©cup’. Ce sera au bivouac après l’Ă©tape.

MalgrĂ© la marche, je lutte. La chaleur est insoutenable. On enregistrera un 52,8°c pour cette première journĂ©e (45°c Ă  l’ombre)!

J »arrive en 49ème position après 4h15 de course. Je m’installe sous ma tente berbère dĂ©jĂ  rincĂ© après seulement une journĂ©e de course et la plus petite Ă©tape de la semaine. Je dĂ©chante. Ce sera bien plus dur que ce Ă  quoi je m’attendais.

Amy Winters, quand a elle sera contrainte d’arrĂŞter dès le CP1. Bien qu’elle ait terminĂ© l’Ă©dition 2019, sa jambe artificielle ne supporte pas le sable et la chaleur de ce MDS 2021. Elle, et toute l’Ă©quipe Netflix qui l’accompagnait pour rĂ©aliser un documentaire sur elle pendant toute la semaine repartiront plus tĂ´t que prĂ©vus. Comme 48% des coureurs sur l’ensemble de la course. La chaleur aura fait de nombreuses victimes.

Jour 2 – 32,5km: jour noir dans les dunes de Merzouga

Réveil difficile

Je me rĂ©veille, fatiguĂ©. J’ai mal dormi. La nuit a Ă©tĂ© chaude, et quand le vent Ă  tournĂ© pour ĂŞtre plus frais, il a fait voler du sable sous le tente. Mick, l’homme le plus rapide de la tente (il finira 16ème de l’Ă©preuve) a encore moins bien dormi. Comme beaucoup d’autres coureurs du bivouac, il a Ă©tĂ© malade toute la nuit.

Après la traditionnelle prĂ©paration qui consiste Ă  faire chauffer l’eau pour le petit dĂ©jeuner, Ă  ranger le matos et Ă  prĂ©parer celui de la course, nous apprenons l’hĂ©catombe. Plus de 80 coureurs ont abandonnĂ© la veille. Aussi, la prudence est de mise aujourd’hui. C’est l’Ă©tape « Dunes », une traversĂ©e sableuse de 13km au cĹ“ur des plus hautes dunes du Maroc, les dunes de Merzouga.

C’est une Ă©tape attendue mais crainte aujourd’hui. Car ça promet d’ĂŞtre très chaud. La prudence est de mise. Mon pote Sylvain, mon coloc’ de bivouac sur l’Ă©dition prĂ©cĂ©dente et qui est Ă  sa 11ème participation, ne va pas bien. Il a une tĂŞte de zombie. Lui aussi a Ă©tĂ© malade toute la nuit et a reçu 3 poches de perfusion. Il prend le dĂ©part mais il sait dĂ©jĂ  qu’il s’arrĂŞtera au 1er CP, n’ayant pas l’Ă©nergie pour affronter le massif dĂ©sertique du jour.

Avec Sylvain, mon colocataire de l'édition 2019
Avec Sylvain, mon colocataire de l’Ă©dition 2019

Les dunes de Merzouga

Le dĂ©part lancĂ©, je profite du vent du nord encore frais pour courir. L’approche des dunes est donc rapide et je rejoins le CP1 après 1h30 de course. Les choses sĂ©rieuses commencent. J’ai pris toute l’eau que j’ai pu et je pars Ă  l’assaut de ces montagnes de sables. Progressivement la chaleur monte. Ma stratĂ©gie reste la mĂŞme. Marcher vite sans trop faire monter la chaleur corporelle. Je m’asperge d’eau. Je bois rĂ©gulièrement et je mange de temps en temps.

Au loin, les dunes de Merzouga
Au loin, les dunes de Merzouga

L’avancĂ©e est progressive mais finalement rapide. Je suis encore bien placĂ© et je course avec la 5ème ou 6ème fĂ©minine, une allemande qui se trouve Ă  un cinquantaine de mètres de moi. Mais Ă  3 km du CP, elle s’arrĂŞte et s’assoit. Elle attend. En m’approchant, je lui demande comment elle va. La fatigue la tenaille. Je lui dis de ne pas rester en plein soleil au milieu des dunes et qu’elle doit prendre son courage pour aller jusqu’au prochain CP, oĂą elle sera mieux pour se reposer. Ce qu’elle fera quelques secondes après que je l’ai quittĂ©e.

Quand je rejoins le CP2, des coureurs jettent l’Ă©ponge. J’essaie de motiver un coureur marocain; il ne reste plus que 6km. Mais je repars seul, laissant au bivouac ce participant, et les bruits des vomissements d’un autre coureur malade.

Descente de dune Ă  Merzouga
Descente de dune Ă  Merzouga

Les derniers kilomètres sont loin d’ĂŞtre faciles. Mais comme chaque course, le mĂŞme refrain revient: « un pas après l’autre ». Pourtant, mĂŞme ce geste simple devient compliquĂ©. Je suis obligĂ© de ralentir la cadence, tant mes jambes surchauffent. J’arrive Ă  peine Ă  trottiner les derniers mètres pour franchir la ligne d’arrivĂ©e de cette seconde Ă©tape du MDS 2021. (48ème – 5h18).

Pour Christian, qui en est Ă  sa 33ème participation, c’est dur aussi. On l’a vu se poser Ă  l’ombre d’un arbre pour faire baisser la tempĂ©rature. Mais il a su repartir…

Les dromadaires serre-files
Les dromadaires serre-files

Sombre soirée

Les colocs de ma tente arrivent au compte-goutte. Au fil des heures, nous nous inquiĂ©tons pour Guillaume et Max qui n’arrivent toujours pas. A 19h, tous les concurrents du bivouac sont appelĂ©s, Patrick va prendre la parole. L’annonce qu’il a Ă  faire est terrible. Un coureur, Pierre, est dĂ©cĂ©dĂ© aujourd’hui. La nouvelle est un vĂ©ritable coup de massue.

Dans notre tente, nous restons abasourdis et inquiets. Toujours pas de nouvelles de Max et de Guillaume. Ce dernier arrive finalement 10min avant la barrière horaire. Max arrivera plus tard, après avoir Ă©tĂ© rattrapĂ© par CamĂ©lus, le dromadaire serre-file de la course. C’est fini pour lui. Il n’en Ă©tait pas Ă  sa première Ă©dition. Mais ces conditions climatiques extrĂŞmes et inhabituelles, et il l’avoue, son manque d’entraĂ®nement depuis le confinement, l’amènent Ă  ne prendre aucun plaisir. Il n’a plus rien Ă  prouver avec son immense CV sportif. Il quittera le bivouac le lendemain. Nous perdons un membre de notre tente.

Jour 3: le MDS 2021 en berne – 37,1km

Un départ endeuillé

Le MDS 2021 endeuillé
Le MDS 2021 endeuillé

A mon rĂ©veil, j’entends de l’agitation Ă  travers mes boules Quies. Max prĂ©pare ses affaires pour quitter le bivouac. Mais il n’est pas seul. Guillaume a Ă©tĂ© chamboulĂ© par le dĂ©cès de la veille. Il estime ne pas avoir les Ă©paules pour affronter la suite, et dit avoir vĂ©cu ce qu’il rĂŞvait: courir dans les dunes de Merzouga.

Nous perdons deux amis aujourd’hui. Et d’autres coureurs les accompagnent pour quitter l’aventure du MDS 2021.

Mais pour les 5 coureurs qui restent, il faut se prĂ©parer pour le dĂ©part. A 8h30 GMT, nous observons une minute de silence, la chanson d’AC/DC ne rĂ©sonnera pas dans les enceintes. Quand le dĂ©part est lancĂ©, ce sont tous les compagnons de la tente de Pierre qui marchent devant. Tout le peloton suit en marchant ainsi pendant 500m. Puis les applaudissements retentissent en mĂ©moire du notre « Frère des Sables ». Puis les coureurs s’Ă©lancent…

La course continue

La course continue...
La course continue…

J’ai souffert hier, et ça se ressent aujourd’hui. Beaucoup de coureurs ont jetĂ© l’Ă©ponge hier et ce matin. Je dĂ©cide de lever encore le pied. D’autant plus que je viens de terminer 49ème et 48ème des Ă©tapes prĂ©cĂ©dentes. Les 50 premiers des 3 premières Ă©tapes partiront 3 heures après les autres concurrents sur l’Ă©tape longue mystère du MDS 2021. Et si je peux Ă©viter ce dĂ©part tardif, autant en profiter…

Il fait toujours aussi chaud, mais le corps s’habitue. La routine s’installe: avancer pas après pas, manger et boire rĂ©gulièrement, s’asperger. RĂ©pĂ©ter. C’est ainsi que je termine cette 3ème Ă©tape en 5h48 et en 67ème position.

L’aventurier Loury quand Ă  lui, termine sa course au CP2. Bien qu’habituĂ© Ă  courir pieds nus et aux milieux extrĂŞmes, les entailles profondes dans ses pieds dues aux pierres chaudes oblige le service mĂ©dical Ă  ne pas le laisser repartir…

Katia, quand Ă  elle, doit abandonner pour des ennuis de santĂ©. Venue en Ă©quipe, Caroline et Delphine reprĂ©senteront magnifiquement le projet qui l’avait emmenĂ© dans le dĂ©sert, Ă  savoir reprĂ©senter l’association T’Cap 21.

Pour Olivier aussi c’est terminĂ©. Il jette l’Ă©ponge. Il prĂ©fère « arrĂŞter la course au bout de ses forces, après des signaux d’alertes vitaux forts et des expĂ©riences sanitaires impensables ».

DĂ©couverte de l’Ă©tape mystère

La vie au bivouac est désormais bien établie
La vie au bivouac est désormais bien établie

A l’arrivĂ©e, on me remet le roadbook de l’Ă©tape mystère: ce sera un 82km très sableux, avec des passages aussi beaux que difficiles.

Au bivouac, l’ambiance est Ă  la camaraderie. La bienveillance est partout. La vie au bivouac est bien Ă©tablie. Dans notre tente, on rit, on se dĂ©tend comme on peu. Le courrier transmis chaque après-midi est quotidiennement attendu. Les encouragements Ă©crits par les proches via l’interface du site du Marathon des Sables font du bien. Les mots pansent les maux.

Le soir, le classement des 50 premiers nous est transmis. C’est Seb qui reçoit la liste et Ă©clate de rire. Je suis 50ème. Sept secondes devant le concurrent suivant. Demain, je partirai avec les Ă©lites!

Pas de soucis, Dorian me dit que ça me permettra de courir plus longtemps dans la fraĂ®cheur de la nuit…

Jour 4 – le jour le plus long – 82km

En ligne pour le second départ

Départ pour la 1ère vague sur l'étape longue
DĂ©part pour la 1ère vague sur l’Ă©tape longue

Branle bas de combat. C’est une grosse journĂ©e qui s’annonce et qui commence avec un dĂ©part Ă  8h. Enfin sauf pour moi. Je patiente dans l’une des 5 tentes encore en place avec les 50 coureurs qui prendront le dĂ©part Ă  11h. J’avoue que je ne fais pas le malin parmi ces champions.

Finalement, c’est sous la chaleur que je rejoins la ligne des 50 coureurs pour affronter l’Ă©tape longue. Je pars doucement. Les 20 premiers kilomètres s’enquillent bien. Puis sur les premières dunes, je sens le poids de la chaleur. Je retrouve Florian avec qui je marche dans le sable, puis je retrouve Seb au CP des 25km. Je continue en marchant vite. C’est long dans cette plaine sableuse et dĂ©sertique, exposĂ©e au vent chaud. Mes jambes cuisent.

Des jambes en feu

Une étape lonnnnngue
Une étape lonnnnngue

Avant le lac salĂ© et assĂ©chĂ©, je me pose Ă  l’ombre de l’iunique arbre. Florian me propose de m’asperger les jambes avec son eau. Bien entendu, je refuse. L’eau est un bien prĂ©cieux qu’il faut savoir prĂ©server dans ce lieu avec les tempĂ©ratures qui sĂ©vissent.

Je m’assoupis 10 minutes. Puis je repars. Au CP des 38km, j’essaie toujours de me rafraichir avec l’eau chaude qui nous est fournie. Ça me permet de bien repartir sur les 2 km suivants mais je suis vite de nouveau Ă  l’agonie. Cette sensation dans les jambes est tout nouveau pour moi. Je n’avais jamais ressenti ça. J’ai l’image en tĂŞte de me couper une belle tranche de jambe et qu’elle sera saignante comme j’aime! Avec une petite sauce?…

Pour le moment, je me rĂ©conforte en me disant que la nuit va bientĂ´t tomber et que la fraĂ®cheur de la nuit sera salvatrice. En attendant, j’essaie de rattraper mes 2 compagnons.

Je marche vite et j’entraĂ®ne notre petite Ă©quipe. Quand Seb s’Ă©loigne trop derrière, il se met Ă  courir puis nous double en mimant et bruitant une locomotive Ă  vapeur. Flo et moi nous accrochons alors pĂ©niblement mais suivons.

Le souffle de trop

KM50. Flo et Seb s’installent pour manger. Je mange un peu et je bois beaucoup. Je suis extĂ©nuĂ©. La nuit est tombĂ©e. Mais la chaleur est encore bien Ă©crasante. Mes jambes brĂ»lent encore de l’intĂ©rieur. 45 minutes de pose avant de repartir. Je pars avec Flo, Seb met toujours des plombes Ă  se remettre en route. On avance ainsi pendant 2km. Un vent chaud surgit soudain. C’est le souffle de trop. J’en ai marre. J’annonce Ă  Flo que je jette l’Ă©ponge, que je fais demi-tour et que je rends mon dossard.

Flo, d’abord Ă©tonnĂ©, commence Ă  me raisonner. Il reste 8km. On se fait ensuite une bonne pause au CP avec pâtes carbo, et il ne restera plus qu’un semi Ă  faire.

Dit comme ça, j’adhère au projet. Pourtant, je sais au fond de moi que ce ne sera pas une sinĂ©cure. Ces 30km restant sont essentiellement composĂ©s de sable. Avec une belle ascension bien raide avec corde pendant 700m, dans le sable, avec des pentes de 25%! Mais il y aura les pâtes carbo avant.

A trois, nous nous entraĂ®nons mutuellement pour courir. Dès qu’un de nous flanche, tout le monde se met au pas, rapide.

Dans les dunes, sous le soleil et la chaleur accablante
Dans les dunes, sous le soleil et la chaleur accablante

Plus qu’un semi!

Au CP5, on sort les Esbit pour allumer le feu, et la gamelle pour faire chauffer l’eau. PrĂ©paration des pâtes-carbo et dĂ©gustation. Les transats nous permettent de profiter pleinement de ce moment de pause. Seb, lui, va se reposer sous une tente. Je passerai ici ma plus longue pause de CP de ce MDS 2021: 1heure!

Une fois prĂŞts, je vais voir Seb pour lui dire qu’on se remet en route. Mais lui prĂ©fère encore se reposer. On nĂ©gocie pour qu’il nous accompagne mais il veut encore dormir. On part sans lui.

L’ascension tient toutes ses promesses de difficultĂ©, mais ça permet aux muscles de changer d’effort. C’est pas si mal. Flo, le montagnard, y prend mĂŞme un grand plaisir. Je double Nicolas Duplaa, toujours en espadrilles, qui galère un peu en fin de montĂ©e, mais qui est toujours dans la course. Quel talent!

Puis on rebascule dans un champs de pierres puis une ancienne voie romaine parsemée de roches. Enfin, le sable. Les bâtonnets lumineux verts qui sont alignés devant nous sont déprimants. Ils annoncent un long chemin avec des montées et descentes de petites dunes. Le parcours bien cassant.

Mais on arrive non sans mal au dernier CP.

Dernière ligne droite

C’est roulant nous dit-on. Oui, c’est plat. Mais c’est du sable. T’as dĂ©jĂ  fait 10 bornes « roulant » dans du sable après 70 bornes?! C’est notre fin de programme. Je marche vite. Flo court ou marche Ă  mes cĂ´tĂ©s. Il a dĂ©couvert une nouvelle technique pour avancer qui est loin d’ĂŞtre esthĂ©tique, mais qui est efficace. L’arche lumineuse est visible Ă  6km. On a l’impression qu’elle s’Ă©loigne Ă  chacun de nos pas. Mais finalement, après 17h40 de course, je boucle la longue avec Flo Ă  mes cĂ´tĂ©. C’est la dĂ©livrance. Sans lui, je ne serai pas lĂ !

Lorsque qu’on arrive Ă  notre tente, Mick et Alain sont dĂ©jĂ  lĂ . On se raconte nos pĂ©ripĂ©ties tout en prĂ©parant nos repas. Et SĂ©b arrive alors, plein d’entrain, Ă  peine 20 minutes après nous. La sieste lui a fait le plus grand bien. Il a couru sur la partie roulante…

FatiguĂ©s, nous nous endormons rapidement, avec la souhait d’une bonne grasse mat’ pour le lendemain.

Jour 5 – jour de repos pour les coureurs du MDS 2021

La distribution de canettes de Coca Fraîches: l'oasis dans notre journée!
La distribution de canettes de Coca fraĂ®ches: l’oasis dans notre journĂ©e!

Je suis rĂ©veillĂ© Ă  6 heures. La chaleur nous Ă©touffe dĂ©jĂ . Toute la journĂ©e, nous serons Ă©chouĂ©s comme des baleines sur notre matelas, sous la tente. Nous transpirons sans rien faire, las. Notre activitĂ© de la journĂ©e consiste Ă  applaudir les arrivĂ©es aux bivouacs depuis notre tente, nous prĂ©parer les repas et boire. En fin de journĂ©e, l’orga nous propose quelques animations. D’abord, nous venons applaudir Ă  l’arrivĂ©e les deux dernières concurrentes de l’Ă©tape longue. C’est Ă©mouvant! Puis nous profitons d’une distribution de canettes de Coca fraĂ®ches. Nous nous rafraichissons mĂŞme avec la glace qui maintenait les boissons aux frais, nous faisant une toilette rapide avec ces pierres froides.

Enfin, surprise de fin de soirĂ©e. Alors que le soleil se rapproche de l’horizon et que la pĂ©nombre s’installe sur le bivouac, nous profitons d’un concert rĂ©alisĂ© par une partie de l’OpĂ©ra de Paris. Progressivement, on se dĂ©tend, on se relâche. Toute la tension du corps pour lutter contre les Ă©lĂ©ments s’attĂ©nue petit Ă  petit. Ca fait du bien!

Quand l'Opéra de Paris  s'invite sur le bivouac, c'est la détente assurée!
Quand l’OpĂ©ra de Paris s’invite sur le bivouac, c’est la dĂ©tente assurĂ©e!

Jour 6 – Etape Marathon – 42,2km – Dernière Ă©tape chronomĂ©trĂ©e du MDS 2021

Un réveil nauséeux

Les "survivors" de la tente 87
Les « survivors » de la tente 87

Je me rĂ©veille, et comme ma montre, je n’ai plus trop de batterie. Je suis nausĂ©eux. L’envie de vomir me prĂ©voit une journĂ©e bien pĂ©nible.

Aujourd’hui, les 150 premiers participants prennent le dĂ©part dans une seconde vague pour cette Ă©preuve marathon de MDS 2021. L’heure du dĂ©part Ă  cependant Ă©tĂ© avancĂ© et l’Ă©cart ne sera que de 2h au lieu des 3h prĂ©vues, pour ne pas trop exposer Ă  la chaleur les coureurs de la seconde vague.

Ce qui fait plaisir, c’est que toute notre tente 87 part en seconde vague. On immortalise ainsi ce dernier dĂ©part chronomĂ©trĂ© avant de nous diriger vers la ligne de dĂ©part.

Au son de Highway to Hell, je pars et je me positionne dans la première partie du peloton afin de me caler derrière un coureur. Les nausĂ©es sont toujours prĂ©sentes, et la sacoche ventrale qui tape sur le bide Ă  chaque foulĂ©e n’arrange rien.

Ma stratégie est simple: courir le plus possible avant de vomir. Ensuite, on avisera.

Pour le moment, le vent vient du nord. Il n’est donc pas chaud. Mais sur cette première partie de course, il est de face et il souffle bien. Me planquer derrière une coureur est donc une bonne chose pour me tirer et motiver Ă  courir, mais aussi me protĂ©ger du souffle constant du dĂ©sert.

Une étape moins chaude

Dernière crête du MDS 2021 avant de filer vers l'arrivée!
Dernière crĂŞte du MDS 2021 avant de filer vers l’arrivĂ©e!

Finalement, les kilomètres dĂ©filent. Je me sĂ©pare de mon binĂ´me. Les nausĂ©es sont moins fortes, les jambes sont dures, mais j’arrive Ă  courir. Je lève mĂŞme le nez pour profiter du paysage. On a droit Ă  nos traditionnelles dunes qui coupent un peu l’allure, mais je relance derrière. Les pas s’enchaĂ®nent, et le vent du nord qui se maintient nous aide pour beaucoup de coureurs, Ă  maintenir une allure de course.

Je m’hydrate et je m’arrose toujours aussi rĂ©gulièrement. La routine est dĂ©sormais bien installĂ©e. J’arrive Ă  chaque CP en terminant mon eau; une gestion hydrique parfaite!

J’ai mis ma Garmin FĂ©nix Solar Pro en mode Ă©conomie d’Ă©nergie. Du coup, le kilomĂ©trage affichĂ© est moins prĂ©cis. A chaque CP, j’ai de l’avance. Et quand sur la dernière crĂŞte je vois la ligne d’arrivĂ©e, mentalement ça fait du bien car ma montre m’annonçait 2km de plus que prĂ©vu Ă  courir.

Je file sans m’arrĂŞter jusqu’Ă  la ligne d’arrivĂ©e oĂą m’attend Patrick Bauer, afin de me remettre la mĂ©daille du MDS 2021 (66ème – 5h34)! Je suis content, Ă©mu, fatiguĂ©, Ă©puisĂ©. Toutes les images de cette Ă©dition se bousculent dans ma tĂŞte. Que d’Ă©motions!

Je termine donc ce MDS en 56ème position sur les 650 partants avec un chrono de 38h37.

Mes colocataires de la semaine seront aussi heureux que moi de leur performance, et de leur course du jour.

Mais la rĂ©cupĂ©ration est difficile pour moi. Je n’ai pas faim. Je me forcerai juste Ă  dĂ®ner.

Finisher de ce MDS 2021 ultra difficile
Finisher de ce MDS 2021 ultra difficile

Une dernière nuit au bivouac chaotique

La dernière nuit au bivouac sera un enfer. Je me rĂ©veille Ă  23h avec une diahrĂ©e. Chaque heure, je dois me lever avec mon « sac Ă  caca » pour pouvoir me vider. A 2h du mat’, je me rends chez les Doctrotters. Un mĂ©decin me prend en charge et me donne des mĂ©dicaments. Je lui avoue mon stress, non pas pour l’Ă©tape solidaire de demain, mais pour les 5h de bus nous permettant de rejoindre Ouarzazate. Une petite gĂ©lule supplĂ©mentaire au cas oĂą ça ne passe pas devrait faire l’affaire. J’arrive ainsi Ă  dormir d’une traite entre 4 et 6h du mat’.

Jour 7 – Etape solidaire – 8,5km – Dernière Ă©tape du MDS 2021

Ce dernier jour pour la tente est compliqué. Moi, je suis malade. Mais avec les médocs, je suis serein.

Alain, qui a fait toute le course en tongs, a une blessure au niveau du gros orteil. Il Ă©change ses chaussures minimalistes avec Flo. Du 42 contre du 46, ce n’est pas ce qui a de plus Ă©vident en troc. Mais pour Alain, l’espace dans les chaussures est idĂ©al, et Flo arrivera Ă  trouver une paire de sandales Ă  sa taille sur le bivouac.

SĂ©bastien, quand Ă  lui, a les pieds complètement cloquĂ©s. Il prend mon Opinel pour ouvrir ses chaussures sur l’arrière et libĂ©rer la pression.

Mick, lui qui a fini 16ème, est en pleine forme.

La course solidaire n’est donc pas chronomĂ©trĂ©e, mais elle est obligatoire. Sans ça, pas de classement officiel. Beaucoup de coureurs ont demandĂ© Ă  ne pas la faire, mais c’est Ă©liminatoire.

Nous partons pour une marche en mode « tente ». Très vite, Mick part devant. Seb, quand Ă  lui, marche Ă  petits pas, et s’Ă©loigne petit Ă  petit derrière nous. Nous Ă©changeons, discutons avec les personnes que nous avons rencontrĂ©es pendant la semaine, concurrents comme bĂ©nĂ©voles. Nous nous fĂ©licitons mutuellement.

Cette marche nous permet de relâcher la pression et de renouer progressivement avec la civilisation.

Plus tard, Ă  l’hĂ´tel, quelle joie de retrouver le chant des oiseaux. Dans le dĂ©sert, peu de vie. Et pour ce MDS 2021, la chaleur nous a donnĂ© l’impression d’ĂŞtre aux portes de l’enfer. Mais nous en sommes revenus. Moi, et 52% des partants. Christian aussi boucle non sans mal son 33ème MDS; et Nicolas rentrera au pays basque avec ses espadrilles et la mĂ©daille autour du cou.

MDS 2021: jusqu'au bout de l'enfer!
MDS 2021: jusqu’au bout de l’enfer!

Greg Runner

Diplômé en Sciences du Sport (STAPS) et ancien pigiste pour La Voix des Sports, Grégory combine une expertise technique du matériel (affinée chez Adidas) et une solide expérience du terrain. Rédacteur et testeur running depuis plus de 15 ans, ce touche-à-tout décrypte l'actualité de la course à pied sous toutes ses formes. Des 10 km locaux aux exigences extrêmes du Marathon des Sables, du Semi de Paris aux sentiers techniques de l'UTMB, il transmet sa passion du dossard à travers des analyses rigoureuses et des tests sans filtre pour les passionnés de performance.

Commentaires

Le 15 octobre 2021 à 18 h 01 min, Marco de la tente d’à côté a dit :


Parfait récit ! Bon pas très impartial car je m’y revois depuis notre tente 88
Félicitations pour ta perf !! Et très bonne récup


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Le 15 octobre 2021 Ă  19 h 02 min, Michael LE MEN a dit :


Très beau récit et j'y serais en 2022, mais certainement moins chaud.


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Le 15 octobre 2021 Ă  19 h 52 min, Denis a dit :


Respect les mecs


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Le 16 octobre 2021 Ă  8 h 49 min, nadia Zouari a dit :


Super écrit , un grand respect... Et bonne récupération.


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Le 16 octobre 2021 Ă  9 h 10 min, Guillaume a dit :


J’aime courir et me faire « un peu mal » (j’ai couru des semis et marathon, et quelques trials).
Mais bien que je respecte les coureurs, je me demande quand-même quel plaisir il peut y avoir à s’infliger une telle torture, dangereuse pour le mental et le physique. L’être humain est étrange, parfois…

Le récit est intéressant à suivre.


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Le 16 octobre 2021 Ă  11 h 30 min, Nath a dit :


Super récit, merci, très belle perf et surtout je te souhaite une bonne récup.

Malgré la difficulté de cette course ça donne super envie quand même


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Le 16 octobre 2021 Ă  12 h 12 min, Laurent a dit :


Super récit
Énorme félicitations à vous d'avoir terminé votre périple
Et bravo à mon copain mikus qui nous a raconté tout son périple mardi dernier


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Le 16 octobre 2021 Ă  13 h 42 min, Greg Runner a dit :


C'est vrai que Mike a gravé assuré. C'était un plaisir de le rencontrer !


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Le 16 octobre 2021 Ă  20 h 04 min, Katia Bergamelli a dit :


Génial ton post sur ce satané MDS 2021 !! Tu as été un vrai héros !! Merci pour ton clin d’œil envers mon assos Tcap21 c’est cool !! À bientôt sur d’autres aventures et tu es invité à Niolon !! Kb


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Le 17 octobre 2021 à 3 h 00 min, François Drouin a dit :


Encore bravo Greg ! J'ai beaucoup aimé ton récit. Tu restes toujours un bon blogeur comme un bon coureur.


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Le 17 octobre 2021 Ă  17 h 50 min, Lemaire a dit :


Super description qui rend bien compte de l’ambiance et difficulté auxquelles on peut faire face dans ce défi hors norme..


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Le 18 octobre 2021 Ă  11 h 41 min, Yan a dit :


Génial Greg .. Au delà de soi de la douleur de l'humain.. bravo Magnifique coureur FORCE et HONNEUR.. que de respect pour toi et tes collègues....!!!


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Le 18 octobre 2021 Ă  12 h 19 min, blouzat patrice a dit :


Greg merci pour nous faire vivre des moments si particuliers pour toi .
À nos yeux vous êtes , tu est un Héros moderne et nous avons un profond respect pour toi et tes collègues.
Merci donc et bonne récupération
Tes copains du Vercors sports team


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Le 23 octobre 2021 Ă  13 h 57 min, Nicolas a dit :


Énorme respect pour vous tous ! C'est assez incroyable comme conditions de course.
Trop chaud pour moi, j'aurai cuit à la première étape :)
Bravo encore Greg, et bonne continuation pour les prochaines courses.


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Le 5 mai 2024 Ă  13 h 23 min, Ben a dit :


Bonjour Greg!
Merci pour ce beau témoignage et bravo!
-Par curiosité, trouves tu utiles les batons?
-Qu’as tu pensé du pack avant? Le reprendrais tu?
-Comment faisais-tu pour recharger ta montre?

Merci!


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Le 6 mai 2024 Ă  9 h 17 min, Greg Runner a dit :


Bonjour Ben.
- Selon moi, les bâtons sont surtout utiles si on marche. Sinon, ils peuvent à mon sens être encombrants.
- Le pack avant est selon moi très utile car il permet de mettre toutes tes affaires de l'étape du jour à portée de main. L'inconvénient est que ce peut éventuellement tenir chaud. Je reprendrai.
- Avec une batterie externe.
A ta dispo!
Greg


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